Événements et spectacles en direct au CNA – mise à jour de septembre 2020.
Tanya Tagaq ©
OCNA à domicile

Pleins feux sur les artistes autochtones

Ambe
Ambe Anishinaabeg
biindigeg Anishinaabeg
Mino-bimaadiziwin omaa
Ambe
Entrez
Entrez, êtres à deux pattes
Entrez, tous autant que vous êtes
La vie est bonne ici
Entrez!

En vue de la Journée nationale des peuples autochtones, qui aura lieu le 21 juin, je vous invite à revivre quelques-uns de nos concerts mettant en lumière les voix puissantes et diversifiées des artistes autochtones.

Le compositeur et chef de choeur Andrew Balfour (cri) dirige d’abord un chœur dans des envolées qui donnent le ton à cette livraison à domicile. Viendront ensuite deux œuvres d’Ian Cusson (métis) créées lors du Festival shkamo en 2019. Enfin, place à des femmes remarquables : la comédienne Monique Mojica (guna et rappahannock) donne vie aux mots de l’aînée et poétesse mi’kmaq Rita Joe, puis la chanteuse de gorge inuite Tanya Tagaq interprète l’une de ses compositions, Qiksaaktuq, lors du concert que nous avons présenté le 8 mars 2019 à l’occasion de la Journée internationale des femmes.

Ambe est une pièce pour chœur d’Andrew Balfour interprétée a cappella. Elle s’inspire d’une chanson originale en ojibwé offerte au compositeur par le chanteur et joueur de tambour traditionnel Cory Campbell, qui la décrit ainsi : « Un appel à suivre la voie sacrée de l’existence ». Le rythme régulier du tambour rappelle les battements de cœur de la Terre-Mère, tandis que les mélodies lyriques de la soprano évoquent le puissant totem de l’aigle, lequel représente la sagesse, l’amour et le courage.

Nous avons chaleureusement accueilli le compositeur Ian Cusson au sein de la famille de l’Orchestre du CNA dès le début de sa résidence Carrefour. De cette expérience sont nées deux œuvres. Dodo, mon tout petit, interprétée par la soprano Melody Courage (métisse), est une œuvre magnifique symbole de réconciliation durable : elle remplace dorénavant l’aria qui figurait dans la version originale de l’opéra Louis Riel d’Harry Somers et de Mavor Moore (1967) et utilisait sans autorisation un chant appartenant au peuple Nisga’a.

La deuxième œuvre d’Ian composée pendant sa résidence parmi nous, Le loup de Lafontaine, s’inspire d’un récit à mi-chemin entre histoire et légende se déroulant dans son village natal, situé sur les rives de la baie Georgienne. À l’époque du récit, divers groupes de colons et d’Autochtones y cohabitent, mais se méfient profondément les uns des autres. Ce n’est que lorsqu’un loup — un étranger — s’installe dans les parages que les villageois apeurés s’unissent pour chasser l’intrus. Cette composition est une magnifique tapisserie alliant couleurs, textures, paysages pittoresques et profondes émotions humaines, telles victoire et deuil.

En écoutant les paroles du poème I Lost My Talk de l’aînée mi’kmaq Rita Joe, on ne peut qu’être ému par leur beauté et leur vérité percutante. Enveloppée d’un riche paysage musical signé John Estacio, Monique Mojica personnifie magnifiquement les mots de ce poème. Vous entendrez aussi Joanna G’froerer, notre flûte solo, faire écho au parcours de Rita Joe à la flûte dans l’une des pièces maîtresses de notre projet Réflexions sur la vie.

Entendre Tanya Tagaq interpréter Qiksaaktuq est une expérience hors du commun. Cette pièce, qui tire son nom du mot « deuil » en inuktitut, est dédiée aux femmes et filles autochtones disparues et assassinées ainsi qu’à leurs proches. Dans une prestation particulièrement poignante, Tanya nous fait vivre les émotions associées au processus du deuil. Cette pièce possède une dimension viscérale et la prestation de mars 2019 a laissé une marque indélébile sur les auditeurs comme les interprètes. Cette expérience demeurera avec vous longtemps après en avoir écouté l’enregistrement.

LE LOUP DE LAFONTAINE : GUIDE D’ÉCOUTE D’IAN CUSSON

Le loup de Lafontaine est une œuvre pour la danse s’inspirant d’un récit qui se situe à mi-chemin entre la légende et l’histoire réelle, et se déroule en 1902 dans le petit village francophone de Lafontaine, en Ontario. Ce récit édifiant nous parle d’une communauté multiculturelle, mais divisée, où un loup solitaire fait des ravages.

Sis sur les rives de la baie Georgienne, Lafontaine est depuis longtemps un lieu où différents peuples se rencontrent. Au moment du récit, divers groupes de colons et d’Autochtones y vivent ensemble, mais sans se mêler. Ils se méfient profondément les uns des autres.

Ce n’est que lorsqu’un loup — un étranger — s’installe dans les parages que les villageois surmontent leurs différends et s’unissent pour chasser l’intrus.

Dans ce récit, le loup devient un symbole pour la communauté : c’est celui qui met à l’épreuve toutes les peurs, rivalités et haines qui la divisent. Il est l’étranger craint et honni dont l’expulsion restaurera l’unité au village. 

Le loup est le bouc émissaire par excellence. Il sera chassé et tué. La communauté réussit à se débarrasser de l’intrus et à se réconcilier, mais à quel prix ?

SYNOPSIS

[0:0] Un soir au début du printemps dans le petit village de Lafontaine, sur les rives de la baie Georgienne. L’endroit est depuis longtemps un lieu de rencontre entre les peuples. En 1902, plusieurs groupes y cohabitent — Métis, Ojibwés et colons francophones divers —, mais la méfiance règne.

Première scène  

[2:26] À la taverne, les villageois chantent et dansent. Lorsque Joseph Lortie bute dans son ivresse contre le métis François Labatte, celui-ci s’emporte contre le Canadien français et ses semblables. Joseph lance alors un défi à François : un duel où chacun dansera pour l’honneur de son peuple.

[3:39] Les Métis accordent leurs violons. François et sa femme dansent.

[4:52] Joseph se dirige en titubant vers le milieu de la pièce pour commencer sa danse. Tenant à peine debout, il tombe par terre. Ses amis l’aident à se relever, et un jeune Canadien français vient prendre la relève.

[7:10] Alors qu’une bagarre est sur le point d’éclater, les gens se figent en entendant un loup hurler. Si un loup rôde aux alentours, c’est qu’il est à la recherche d’une proie. Pris de panique, tous se précipitent dehors.

Deuxième scène

[7:45] Un restant de brume s’attarde au-dessus d’un champ désert, au petit matin. Le loup surgit de nulle part.

[9:10] Il avance prudemment, timidement.

[10:16] Un papillon apparaît. Le loup le chasse. Un oiseau lance un appel au loin. Curieux, il lui répond. Le papillon revient et joue avec le loup ; ils s’élancent ensemble dans le champ.

[11:06] Le loup s’arrête brusquement en tombant face à face avec une fillette. Elle s’approche de l’animal. Très doucement, celui-ci s’approche à son tour.

[11:52] Les deux nouveaux amis jouent ensemble : une danse mystique. Ils dansent encore et encore jusqu’à ce qu’ils tombent d’épuisement et s’endorment dans le champ.

[14:58] La fillette et le loup se réveillent au son du tapage que font les villageois enragés. Le loup disparaît avant qu’on ne l’attrape.  

Troisième scène

[15:55] La peur du loup est à son paroxysme. L’ensemble du village retient son souffle.  

[17:10] Les villageois, Français, Métis et Ojibwés, se réunissent. Il faut tuer le loup. Mettant de côté leurs différends, ils décident de le chasser ensemble.

[17:20] Un premier groupe de chasseurs se lance à la poursuite du loup, mais sans succès.

Un deuxième groupe tente de faire mieux. Les tirs ratent la cible.

[18:26] Le borgne Théophile Brunelle vise, tire et manque son coup. Il recommence en vain. En une dernière tentative, il pointe son arme vers l’extrémité du champ, ferme son bon œil et tire. La balle atteint l’animal.

[18:58] Le loup claudique péniblement jusque dans les bois, et meurt.

[20:42] Des animaux, ses compagnons des bois, essaient de le réveiller avant l’arrivée des chasseurs.

[21:03] Les chasseurs trouvent leur ennemi inanimé et le traînent jusqu’à la place publique du village. Ils suspendent son cadavre devant l’église. Les villageois se réjouissent.

[21:45] Se frayant un chemin parmi la foule, la fillette arrive sur la place publique et voit son ami inanimé. 

[22:41] Les cloches de l’église sonnent, appelant les villageois, qui entrent dans la maison de Dieu. Un cantique s’élève à l’intérieur pour la messe célébrant la mort du loup. Toute seule à l’extérieur, la fillette sanglote.

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