Événements et spectacles en direct au CNA – mise à jour de septembre 2020.
Jessica Linnebach ©
OCNA à domicile

Elgar, Bartók et Strauss

Nous vous proposons ce soir un charmant programme formé de concerts de nos saisons 2016–2017 et 2017–2018. Le 16 février 2017, nous avons pu entendre l’hommage à la culture et aux splendeurs de l’Italie que nous offrent, chacun à sa manière, Elgar et Strauss. Et le 11 janvier 2018, nous avons mis pleins feux sur Jessica Linnebach, notre violon solo associée.

Lorsque le violoniste Zoltán Székely demanda à Bartók de lui écrire un concerto, les deux grands amis débattirent de la structure de l’œuvre à venir : Székely entrevoyait un concerto typique en trois mouvements, tandis que Bartók souhaitait écrire un thème avec variations. En fin de compte, le compositeur réussit à combiner les deux perspectives, et le résultat en est une œuvre électrisante comprenant des mélodies populaires hongroises. Jessica Linnebach se démarque dans ce concerto diaboliquement intense et difficile à interpréter ; vous entendrez son violon vibrer au-dessus du son riche de l’Orchestre, dirigé par la brillante chef invitée américaine Karina Canellakis.

Des vacances sur la Riviera italienne, en 1903, ont inspiré Dans le Sud (Alassio) à Elgar. Bien que le compositeur voyait dans cette œuvre une ouverture de concert — son exécution dure environ 20 minutes — on pourrait la décrire comme une symphonie en un mouvement. Écrite dans la pure tradition romantique tardive, elle est énergique, pastorale et intensément colorée. Portez attention au superbe solo à l’alto, repris par le cor solo, qui représente l’idée qu’Elgar se faisait d’un air populaire italien, et qu’il nomma justement « Canto popolare ».

À 22 ans, Strauss effectua un long séjour en Italie, au cours duquel il s’imprégna de la culture et de l’architecture des villes italiennes, mais aussi de la beauté rustique de la campagne. Profondément ému par son expérience, il sentit qu’il devait traduire ses émotions en musique. Le fruit de ce travail est Aus Italien, une œuvre en quatre mouvements créée en 1887 que le compositeur qualifiait de « fantaisie symphonique ». C’est la première de plusieurs œuvres de Richard Strauss qualifiée de « musique à programme ». La pièce est tour à tour ensoleillée et idyllique, iridescente et délicate, expressive et extrêmement exubérante. Vous siffloterez sans doute le thème principal du dernier mouvement, qui reprend l’air de « Funiculì-funiculà ». Le compositeur pensait qu’il s’agissait d’une chanson traditionnelle napolitaine, mais c’était en fait une chanson publicitaire commémorant l’inauguration du funiculaire du Vésuve en 1880.

Réflexion de Jessica Linnebach :
le CONCERTO POUR VIOLON No 2 DE BARTÓK

Je suis ravie que notre enregistrement du Concerto pour violon no 2 de Bartók fasse partie de la série LOCNA à domicile ! L’interprétation de cette œuvre que j’ai effectuée avec l’Orchestre en janvier 2018 demeure à ce jour l’une des expériences musicales les plus importantes et les plus enrichissantes de ma carrière ; c’était un pur bonheur de jouer un concerto que j’aime de toutes les fibres de mon être en compagnie des membres de l’orchestre avec lequel j’ai la chance de me produire depuis 18 ans.

J’ai découvert ce concerto lorsque j’avais 16 ans. C’était une époque d’extraordinaires bouleversements dans ma vie – adolescente, j’étudiais à l’Institut de musique Curtis ; je vivais seule pour la première fois, à Philadelphie, et je devais composer avec le divorce de mes parents.

J’ai été complètement captivée par ce concerto dès l’instant où j’en ai entendu un enregistrement. J’avais l’impression que le compositeur comprenait non seulement le flot intense d’émotions que je ressentais alors, mais aussi qu’il les avait mises en musique d’une manière que je pouvais comprendre intuitivement. Cette musique me semblait expressive, tourmentée, obscure, mais aussi tendre et plaisante. Toutes les émotions que je ressentais étaient rassemblées en un seul morceau de musique ! Je pouvais crier, pleurer, rire et chanter en interprétant cette œuvre, et être tout à fait moi-même !

Je me souviens d’avoir abordé ce concerto avec une approche tout à fait nouvelle pour moi. Habituellement, j’écoutais les concertos pour violon les plus célèbres de l’histoire de la musique enregistrés par mes violonistes favoris ; je tentais ensuite d’imiter ce que j’avais entendu, sans vraiment apprendre les pièces. Mais cette fois-là, c’était différent. Je voulais prendre le contrôle… être responsable de quelque chose dans ma vie ! J’ai donc minutieusement étudié le concerto dès le début, ce qui m’a permis de connaître la musique plus intimement, de la faire mienne.   

Je vous épargne les tourments de mon âme adolescente ! Disons simplement que, grâce au Concerto pour violon no 2 de Bartók, j’ai découvert la myriade de couleurs, sons et textures que le violon et l’orchestre peuvent produire ensemble dans une configuration proche de celle de la musique de chambre ; chaque instrumentiste y est à l’écoute des autres et communique profondément et intimement avec eux.

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