Événements et spectacles en direct au CNA – mise à jour du 2 septembre 2021.

Hip-hop à Baker Lake, au Nunavut

Kathleen Merritt, gestionnaire et facilitatrice du programme Vive la musique au Nunavut et interprète renommée de chant guttural avec Nelson Tagoona © Kathleen Merritt
Nelson Tagoona © Kathleen Merritt
Kathleen Merritt, gestionnaire et facilitatrice du programme Vive la musique au Nunavut et interprète renommée de chant guttural avec Nelson Tagoona © Kathleen Merritt
Les aînées (autochtones) Winnie Tadja et Mary Iqqat © Kathleen Merritt
Les aînées (autochtones) Winnie Tadja et Mary Iqqat © Kathleen Merritt
Mary Iqqa © Kathleen Merritt
Paula Rumbolt donnant une classe de chant de gorge © Kathleen Merritt
Kathleen Merritt, gestionnaire et facilitatrice du programme Vive la musique au Nunavut et interprète renommée de chant guttural avec Winnie Tadja © Kathleen Merritt
Winnie Tadja parcourant les paroles de « Qiarvaaq » © Kathleen Merritt

Le programme Vive la musique au Nunavut a financé une semaine de hip-hop à Baker Lake du 9 au 12 mars.

Nelson Tagoona, qui s’est produit au CNA dans le cade de la Scène du Nord il y a deux ans, a animé huit ateliers consacrés à un style dont il est l’inventeur – une toute nouvelle catégorie musicale appelée throat-boxing qui mêle le hip-hop au chant guttural inuit traditionnel. « Ses ateliers couvrent des sujets difficiles, mais il trouve le moyen de rendre l’ensemble de l’atelier amusant et passionnant », écrit un admirateur. « Beau travail, Nelson – j’ai beaucoup appris de cet atelier. »

De plus, le populaire artiste hip-hop Aaron « Godson » Hernandez de Yellowknife a animé deux ateliers sur la production de vidéos hip-hop. 

« La plupart de ces jeunes n’avaient jamais eu l’occasion d’écrire et d’enregistrer un rap », a écrit Hernandez après l’activité. « Je les ai aidés à sortir de leur coquille et ils ont pris beaucoup de plaisir à vivre une expérience d’enregistrement. Une fille m’a dit qu’elle avait toujours rêvé d’enregistrer avec un vrai micro de studio, et elle souriait sans cesse pendant qu’elle enregistrait. […] Le plus beau est que certains se sont découvert des talents ignorés pour l’écriture. Beaucoup caressaient le rêve d’enregistrer une chanson, mais ils n’avaient jamais osé l’avouer avant de vivre leur séance d’enregistrement individuelle avec moi. C’est émouvant de prendre conscience que certains pourraient mener une belle carrière dans la musique s’ils bénéficient d’un encadrement adéquat. »

L’événement s’inscrivait dans le cadre d’une campagne de prévention de la toxicomanie, menée de concert par la GRC et le Comité d’éducation à la consommation d’alcool (CECA) local. Sous le thème de la « semaine de sensibilisation à l’alcoolisme », l’équipe a utilisé la musique pour initier les élèves à la composition et à l’interprétation, tout en leur communiquant des messages positifs pour les sensibiliser aux drogues et aux choix de vie sains. Nelson Tagoona, par exemple, a utilisé ses ateliers pour attirer l’attention sur des sujets aussi graves que la toxicomanie, l’intimidation et la dépression. Il a parlé de son combat contre la dépression et l’anxiété qui l’ont affligé et, en faisant part de ses expériences, il a démystifié ces questions. L’un des messages les plus importants qu’il a livrés aux participants était de croire en eux-mêmes.

La GRC était sur place pour tous les ateliers et pour le spectacle final, le jeudi soir, qui a attiré plus de 400 spectateurs enthousiastes.

« Je travaille depuis neuf ans dans les collectivités du Nunavut », a écrit le caporal Jonathan Saxby après l’événement, « et voir se développer un événement comme celui-là dans une petite collectivité du Nord, et pouvoir en constater l’impact immédiat, restera l’un des hauts faits de ma carrière. »

« J’apprécie énormément l’aide et l’appui du CNA dans le cadre de cette initiative et j’espère qu’elle aura ouvert de nouveaux débouchés pour la tenue d’événements semblables dans l’avenir, non seulement [à Baker Lake] mais dans d’autres collectivités. […] Des sujets sérieux comme le suicide, la perte d’êtres chers, [la quête d’une] image positive de soi-même et le fait de se sentir 'mal dans sa peau' ont été associés à l’importance d’adopter une consommation d’alcool responsable et d’éviter les drogues. Si nous avons pu disposer d’une telle plateforme et toucher immédiatement un  si grand nombre de personnes à la fois, nous le devons au CNA. »

Kathleen Merritt, gestionnaire et facilitatrice du programme Vive la musique au Nunavut et interprète renommée de chant guttural, a prêté main-forte à l’organisation de l’événement. Avec sa consœur Paula Rumbolt, elle a animé 13 ateliers en trois jours dans les écoles, touchant environ 300 élèves.

« Après les ateliers de la journée, Paula et moi avons passé quelque temps dans la localité, faisant quelques provisions à l’épicerie ou veillant aux préparatifs du spectacle de jeudi – et où que nous allions, les jeunes s’animaient en nous voyant et nous disaient à quel point ils avaient apprécié les ateliers », relate-t-elle. « À quelques occasions, alors que nous passions devant des jeunes sans nous faire remarquer, nous les avons entendus s’exercer au chant guttural avec leurs amis. Pour moi, c’était la chose la plus réjouissante qui puisse arriver, parce qu’avant que nous ne visitions ces écoles, beaucoup de ces jeunes n’avaient même jamais entendu de chant guttural dans leur collectivité, et maintenant, ils le pratiquent eux-mêmes. Je suis si heureuse que nous ayons pu les intéresser à cet élément de notre culture inuite! Une élève de sixième année m’a écrit ceci hier [sur Facebook] :

« Salut Kathleen! Je me souviens de toi parce que tu es venue dans la classe de 6e année ici à Baker. Je suis allée sur Youtube pour y chercher du chant guttural et j’ai vu ton nom, alors, j’ai regardé et c’était génial, j’adore le son du chant de gorge, j’espère que je vais devenir meilleure là-dedans (et je sais que je vais y arriver), ma tante et ma mère et mes grands-parents veulent que je l’apprenne, et un jour je veux chanter sur scène! Je voulais seulement te dire un petit bonjour et te raconter ça. Ah! oui : j’ ai 12 ans! »


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