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Dans I Am Here Grandmother, Rosemary Georgeson nous montre comment ses souvenirs d’enfance et le Firehall Arts Centre lui ont permis de se réapproprier le parcours de membres de sa famille sur quatre générations, et ce, grâce à l’amour de son arrière-grand-mère.

Déclaration de la conteuse : Olivia C. Davies

I Am Here Grandmother (« je suis ici, grand-mère ») a été créé en collaboration avec Rosemary Georgeson, gardienne de la mémoire, en hommage au processus créatif qu’elle a amorcé au Firehall Arts Centre de Vancouver et qui l’a amenée à retracer une aïeule oubliée par l’histoire.

J’ai créé une expérience sonore pour plonger les auditeurs au cœur du quartier Downtown Eastside de Vancouver, où est situé le Firehall Centre. Vous êtes invité·e·s à marcher avec Rosemary sur les traces de son ancêtre, tandis qu’elle détaille son rapport personnel à son héritage lié aux terres et aux eaux aujourd’hui connues sous le nom de territoires Salish du littoral. Invoquant la mémoire du sang et la transformation, ce paysage sonore a été créé en y intégrant un élément acoustique formé des bruits réels du coin de la ville où est situé l’édifice, ainsi que la musique du compositeur canadien Michael Red et une poésie originale inspirée des souvenirs de Rosemary.
 

Transcription de l’histoire

Je rencontre ma grand-mère sur son territoire. 

Cette grand-mère, le gouvernement de l’époque a essayé de l’effacer de l’histoire. 

Ce n’était qu’une Indienne. 

Elle a donné naissance à cinq enfants, en a élevé trois, et pourtant, elle n’existait pas. 

Ce n’était qu’une Indienne. 

Tlahaholt était une fille, une mère, une grand-mère, une tante. Et pourtant, elle n’existait pas. 

Ce n’était qu’une Indienne. 

Dans le recensement de 1891, mon arrière-grand-mère n’était qu’une Indienne. 

Elle a existé, et je sais que c’est le cas, parce que je suis là. J’ai toujours recherché Tlahaholt. J’avais besoin de la connaître. J’ai toujours senti que quelque chose manquait dans mon monde, que quelqu’un ou quelque chose n’était pas à sa place. 

Grand-maman, m’entends-tu? 

Nous faisions un atelier au Firehall Arts Centre, à Vancouver, tout près d’ici. On travaillait dans le studio de danse à l’étage. Arrivals Personal Legacy est un projet artistique qui vise à créer des œuvres d’art à partir de la mémoire ancestrale. 

Des studios de danse, on a une vue qui surplombe les montagnes de la côte nord. C’est le territoire ancestral de mon arrière-grand-mère Tlahaholt. Ce lieu, ces montagnes, c’était chez elle, cela a été le lieu de résidence de nos ancêtres depuis des temps immémoriaux. 

[bruits de fond] 

Tu étais avec moi, dans ce studio, et je suis avec toi. 

J’étais sur son territoire, je me remémorais son histoire, je la revivais, j’évoquais ce qu’on m’avait transmis à son sujet, ce qui venait d’elle. 

[bruits de fond] 

Les souvenirs émergent. Ils bouillonnent dans mes os. Je sens mon sang bouillir. 

À partir des souvenirs amoindris qu’avait mon grand-père de sa mère, des histoires de toutes sortes que me racontait mon père au sujet de sa grand-mère, j’ai établi un lien avec cette femme qu’on nous avait prise, qui avait été ignorée comme si elle n’avait eu d’importance pour personne, comme si on avait espéré qu’on oublie que Tlahaholt avait vécu. Je n’ai pas oublié. 

Prends ces os. Laisse-les me transporter loin d’ici. Cet espace et ce lieu sont transformés tandis que je réunis le souvenir de toi, notre terre et nos eaux. Vivre, respirer, la vérité dévoilée. Je suis ton rêve réalisé. Je te ramène à la vie, je t’éclaire brillamment. Cœur… nos cœurs battent à l’unisson, dorénavant. 

[bruits de fond] 

Ici, maintenant, entre ces murs, il y a un cœur qui bat… 

[bruits de fond] 

Mon premier souvenir d’enfance de ce territoire qu’on connaît comme le Downtown Eastside. Je venais ici toute jeune avec mes parents et mes grands-parents dans notre vieil emballeur de poissons. On visitait des lieux qui n’existent plus. Des lieux et un mode de vie qui ont disparu. Cela a toujours été un lieu de transformation pour moi, ma famille et nos histoires. Nous avons changé, et le territoire natal de mon arrière-grand-mère aussi. Le Firehall Centre est là depuis longtemps. Il a été témoin de tant de transformations. Il fait partie intégrante de l’une des plus grandes transformations de ma vie. Et c’est ici qu’une voix a été donnée à nos récits. 

Je veux souligner tout ce qui s’est passé depuis l’époque où ma grand-mère et mes ancêtres vivaient ici. Je détiens les souvenirs de ma famille sur quatre générations. Pendant longtemps, j’ai été la seule à connaître ces souvenirs ou même à évoquer le nom de ma grand-mère. Son histoire, c’est celle de ce territoire. Elle est liée à la berge, aux montagnes de ce territoire. 

Combien d’autres histoires ont-elles été trouvées dans ce studio, au cours des années, qui relient ce lieu au territoire sur lequel le Firehall Centre est érigé? 

Tlahaholt.  

Ton nom autrefois perdu ne sera plus oublié. Je t’entends, ici, avec moi.  
 


Crédits

Interprété d’après un souvenir de Rosemary Georgeson
Olivia C. Davies, mots supplémentaires
Michael Red, musique, « Alpha » et « Rematriate », remixé par Olivia C. Davies

SAVAGE SOCIETY (Vancouver)

Darylina Powderface, coordination de l’engagement communautaire 
Cameron Peal, coordination de production 
Sherri Sadler, marketing et communication 
Chelsea Carlson, productrice administrative 
Safoura Rigi-Ladiz, rédaction et vidéographie 
Heather Cant, consultation (Cités autochtones)

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