Sombre et amical: Christopher Millard explique sa passion pour le basson

Christopher Millard © Fred Cattroll

Quelques questions pour Christopher Millard, basson solo de l’Orchestre du CNA

Un concerto pour basson... voilà qui est inusité. Depuis QUAND le basson prend-il les devants de la scène comme soliste avec un orchestre entier? 

C’est plutôt rare en effet. Nous, les bassonistes, nous contentons habituellement de prendre place aux côtés de nos plus flamboyants collègues de la section des vents et de faire notre part pour maintenir un son d’ensemble bien unifié. Le basson est un facilitateur de premier ordre; sa sonorité chaude tempère certaines des sonorités disparates de l’orchestre. C’est un instrument sombre et amical à la fois, comme ses protagonistes. Quand on nous demande de sortir de l’ombre, nous saisissons avec plaisir l’occasion de nous mettre en valeur, mais nul besoin d’un rôle de soliste pour trouver notre bonheur.  

Votre réponse à la première question donne-t-elle une quelconque indication de la raison pour laquelle vous adorez jouer du basson?

Les grands compositeurs utilisent le basson de différentes façons, mais il y a des similitudes dans la finalité. De Beethoven à Brahms, on se sert du basson de la même façon qu’un grand chef cuisinier utilise les épices. Pour unifier et relever.

Et puisque je suis un adepte des Top 10 de David Letterman, voici ma propre liste… « la liste des 10 choses que j’affectionne le plus comme bassoniste » : 

10. les solos dans les symphonies de Chostakovitch

 9. la couleur chaude et riche de l’érable verni

 8. rencontrer quelqu’un qui sait ce qu’est un basson

 7. jouer le grand-père de Pierre pour un enfant de 4 ans

 6. les partitions de basson des derniers concertos pour piano de Mozart 

 5. négocier l’intonation avec la section des clarinettes

 4. jouer juste (dans mes rêves...)

 3. Faire tremper mes anches dans de l’excellent gin (j’attends de prendre ma retraite pour essayer ce truc)

 2. Établir le contact des yeux avec un grand chef d’orchestre

 1. Passer les dernières années de ma carrière au sein du merveilleux Orchestre du CNA

Pourquoi avez-vous choisi le basson? (C’est un instrument tout ce qu’il y a de plus inusité… pas exactement l’instrument de prédilection des jeunes dans les écoles)

C’était la solution de la facilité. Le saxophone ne m’a donné aucune misère. Au piano jazz par contre, je n’étais pas particulièrement doué. Le basson est taillé pour mes mains et colle à ma personnalité. J’aime la subtilité de cet instrument, sa capacité de chanter et de danser.


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