Événements et spectacles en direct au CNA – mise à jour du 13 janvier 2021.

Réflexions sur la vie

Réflexion : Christopher Deacon

Le 19 mai 2016, l’Orchestre du CNA du Canada présentait en création mondiale Réflexions sur la vie. Il s’agissait, à maints égards, du concert le plus ambitieux de l’histoire de l’ensemble. Créée par plusieurs compositeurs, en collaboration avec de nombreux artistes de différentes disciplines, cette présentation multimédia élargit considérablement la définition de ce que peut être un concert orchestral. 

Mais la puissance de l’œuvre tient d’abord à son sujet : des récits qui offrent les perspectives de quatre Canadiennes remarquables, soit Alice Munro, Amanda Todd, Roberta Bondar et Rita Joe. Chacune d’elles a fait face à de grandes difficultés au cours de sa vie, mais ne s’en est pas moins exprimée d’une voix forte et distinctive qui s’est fait entendre à l’échelle du monde. En 2017, Réflexions sur la vie a été présenté dans plusieurs villes du Canada dans le cadre de la Tournée Canada 150 de l’Orchestre, s’attirant une pluie d’éloges. Au printemps, l’ensemble interprètera cette œuvre ambitieuse et authentiquement canadienne sur la scène mondiale à la faveur d’une tournée européenne soulignant le 50e anniversaire du CNA.

Ce soir, à l’occasion de la Journée internationale des femmes, nous sommes fiers de jouer pour vous, une fois de plus, Réflexions sur la vie. Et nous sommes aussi très heureux d’accueillir de nouveau sur notre scène Tanya Tagaq, interprète de chant de gorge inuite de renommée mondiale. Bon concert.

Réflexion : Alexander Shelley

Ce soir, les voix féminines prennent toute la place. J’ai l’honneur de partager la scène avec la chanteuse de gorge inuite Tanya Tagaq, une artiste puissante et visionnaire qui fait vivre au public une nouvelle expérience chaque fois qu’elle interprète son élégie improvisée pour les femmes autochtones disparues et assassinées.

Le programme Réflexions sur la vie raconte des histoires puissantes évoquées en images, en sons et en paroles par quelques-uns des plus brillants créateurs canadiens. Il s’agit d’une œuvre immersive multidisciplinaire qui se déploie tout d’un trait, intense, dramatique, réconfortante, nous transportant du début à la fin. 

J’ai eu l’honneur de confier à quatre compositeurs canadiens accomplis une mission, celle de collaborer avec un formidable groupe d’interprètes et d’artistes du multimédia à la création de cette expérience symphonique unique en son genre, sous le leadership inspiré de la productrice du contenu créatif et metteure en scène Donna Feore. 

Les arts et la culture de ce pays captivent sans cesse les auditoires du monde entier à travers des récits passionnants comme ceux de ces femmes remarquables qui ont chacune trouvé leur voix au prix de sacrifices et de luttes. Ces histoires ont été pour moi une source d’inspiration. Si certaines évoquent des souvenirs douloureux, je crois intimement que chacun de nous trouvera dans Réflexions sur la vie un message libérateur, un message d’espoir.


Réflexions sur la vie : Réflexion

Donna Feore, Productrice du contenu créatif et metteure en scène, Réflexions sur la vie

Réflexions sur la vie retrace le parcours de quatre Canadiennes d’exception. Alice Munro, Roberta Bondar, Amanda Todd et Rita Joe nous invitent, chacune à sa manière, à porter sur les choses un regard nouveau. Le défi que j’avais était de trouver une façon de raconter leur histoire dans une installation orchestrale qui embrasse la vision de chacune. Partant de cette idée que plusieurs têtes valent mieux qu’une, j’ai réuni un groupe exceptionnel de collaborateurs qui se sont laissé inspirer par ces femmes extraordinaires. Bien que chaque élément se tienne par lui-même, nous avons construit quelque chose à partir de l’œuvre orchestrale de quatre compositeurs de génie placés sous la conduite de l’incomparable Alexander Shelley, dans l’espoir que ça puisse nous mener quelque part. 

La brillante équipe de design visuel Normal est devenue le cœur battant de cette aventure. Elle a rendu possible l’intégration harmonieuse des œuvres de nos superbes collaborateurs — musiciens, photographes, cinéastes, comédiens, danseurs et chanteurs.

La Dre Bondar a observé notre monde depuis l’univers. Alice Munro l’a regardé de l’intérieur. Amanda Todd a ouvert son cœur et Rita Joe a livré son esprit. J’espère que ce spectacle saura vous captiver et vous émouvoir autant qu’il m’a éclairée et inspirée.

Dear Life : Réflexion

Merilyn Simonds, auteure

Quand l’Orchestre du CNA m’a pressentie pour réaliser une adaptation pour une œuvre symphonique du récit de « Dear Life » (Rien que la vie en vf.) d’Alice Munro, j’étais justement en train de lire, dans l’ordre, l’ensemble de ses nouvelles. Je devrais plutôt dire « relire », car depuis la lecture, à 18 ans, de Dance of the Happy Shades (La danse des ombres en vf.), j’avais toujours attendu impatiemment chaque nouvelle parution de l’auteure. J’ai grandi dans une petite localité située non loin de la ville natale d’Alice Munro, rêvant tout comme elle de fuir. Devenue écrivaine à mon tour, je l’ai connue personnellement. J’ai été inspirée par sa façon réaliste et sans détour d’embrasser l’univers où elle était née, un univers qu’elle a exploré pendant 50 ans à travers la littérature. 

On m’a donné pour tâche d’extraire de son plus récent récit de plusieurs milliers de mots un distillat de tout juste 500 mots qui formerait la base d’une œuvre symphonique et que livrerait Martha Henry sous forme d’enregistrement. Tous les mots sont d’Alice. Aucun n’est de moi; j’ai simplement modifié l’ordre de certains événements par souci de clarté.

J’ai voulu témoigner de la générosité d’Alice Munro qui, comme auteure, ouvre les bras au jeu créatif qu’entraîne une adaptation. Témoigner aussi de l’authenticité et de la pureté de sa prose qui a rendu possible un tel distillat et permis de recréer dans cette nouvelle version de « Dear Life » l’essence même de ses personnages et des thèmes qu’elle aborde.

My Name is Amanda Todd : Réflexion

Carol Todd, mère d’Amanda Todd

Le fait qu’on célèbre la mémoire de ma fille dans une production du Centre national des Arts, aux côtés de trois éminentes Canadiennes, est un honneur en soi qui suscite énormément de fierté chez ceux et celles qui ont connu Amanda. 

La perte d’Amanda a laissé un vide immense dans ma vie, et j’ai eu du mal à imaginer ce que le CNA voulait créer et présenter. Mais avec le temps, les choses sont apparues plus claires. En permettant que soit relatée l’histoire de ma fille à travers un projet d’arts visuels et d’arts de la scène, j’ai vu son héritage devenir réalité. L’art et la musique meublaient l’univers visuel et sonore d’Amanda. 

Lors de ma première rencontre avec Donna Feore, j’ai eu l’impression de retrouver une vieille amie. Nous avons échangé des histoires, et des idées se sont fixées. Nous sommes restées en contact pendant les 18 mois qui ont suivi. J’ai été saisie d’émotion en entendant pour la première fois la musique avec Donna et l’équipe du studio de design visuel NORMAL. Des sentiments de joie, de colère, de tristesse, puis de paix m’ont envahie. Nous étions assis ensemble en silence, les larmes aux yeux. Je vois déjà ma fille représentée comme un beau flocon de neige, symbole de son unicité et de sa fragilité.

Je veux témoigner ma reconnaissance à tous ceux et celles qui ont vu dans l’histoire d’Amanda un message d’ESPOIR, et remercier les gens qui ont des CONVICTIONS et le SOUCI des autres. L’équipe du CNA s’est employée à donner un sens plus vrai à l’héritage d’Amanda − l’image spectaculaire d’un flocon de neige représentant ma princesse Amanda dans une production intitulée Réflexions sur la vie.

I Lost My Talk : Réflexion

Tekaronhiáhkhwa Santee Smith, chorégraphe du film

Dans son poème simple et poignant intitulé J’ai perdu ma langue, Rita Joe exprime la complexité de l’expérience qu’ont vécue des membres des Premières Nations au temps du régime des pensionnats autochtones, et le traumatisme intergénérationnel encore présent dans la société d’aujourd’hui. Comme artiste, je m’identifie au désir de Rita Joe de partager ses histoires et son vécu dans l’optique d’éduquer les gens et de leur donner une voix. Il est important de continuer à relater nos histoires, ancrées dans le territoire, la langue et les traditions ancestrales, de continuer à raconter nos vies par l’écriture, la parole et la danse. Dans notre quête de réconciliation, allons au-delà de la dimension intellectuelle du processus pour incarner véritablement nos actions et pour nous affranchir du colonialisme.

Frances Sylliboy, fille de Rita Joe

Ma mère a toujours été pour moi un génie. C’était une femme très déterminée, qui a fait tant de choses pour tellement de gens. À travers ses mots, elle s’est tenue debout et est sortie victorieuse. 

Quand elle est arrivée à Eskasoni, on la narguait au sujet de sa langue mi’kmaq brisée. Je trouve que la première strophe de son poème I Lost My Talk (« J’ai perdu ma langue ») en dit long. 

Maman disait qu’elle deviendrait célèbre après sa mort. Voilà que son poème a fait l’objet d’une adaptation à l’écran et d’une pièce musicale. 

Nous étions si enthousiastes de voir le produit fini. En arrivant au CNA le soir de la première, on avait l’impression de rêver. En entendant pour la première fois les mots jaillir de la bouche de Monique Mojica, on a senti le poème prendre vie. C’est un moment que nous n’oublierons jamais. J’étais remplie d’émotions. Quand la musique a commencé et que l’écran s’est animé, j’ai été bouleversée. À un moment donné, j’ai pleuré sur l’épaule de mon mari, mais je me suis vite ressaisie parce que je ne voulais pas rater une seconde du spectacle. 

Nous tenons à remercier Alexander Shelley, John Estacio, l’Orchestre du CNA, Donna Feore et toute l’équipe du CNA, qui ont fait un travail fantastique. 

Je suis certaine que ma mère a dansé de joie en voyant cette prestation. Elle était une gentille guerrière, et l’héritage qu’elle a laissé donne aux enfants mi’kmaq de quoi espérer en l’avenir.


Tanya Tagaq / Christine Duncan / Jean Martin / orch. Christopher Mayo

Qiksaaktuq

Qiksaaktuq signifie deuil en inuktitut. Cette œuvre est dédiée aux femmes et filles autochtones disparues ou assassinées, et à ceux et celles qui les pleurent. 

Qiksaaktuq comprend cinq mouvements basés sur les cinq phases du deuil selon Kübler-Ross : déni, colère, marchandage, dépression et acceptation. Nous avons voulu créer une œuvre à la fois composée et improvisée qui est fidèle aux méthodes et à l’esprit d’une prestation de Tanya Tagaq. 

Jean Martin a créé, avec la précieuse aide de Christopher Mayo, une partition orchestrale reprenant des idées de pistes et de boucles sonores qu’il a utilisées dans son travail avec Tanya Tagaq au fil des ans. À cela, nous avons ajouté des gestes de la main que Christine Duncan utilisera pour diriger librement la section des cuivres, et qu’elle utilise déjà régulièrement avec l’Element Choir, un ensemble d’improvisation vocale qui se produit avec Tanya Tagaq depuis 2014. À partir de cette toile de fond, Tanya Tagaq improvisera en temps réel une puissante complainte à la mémoire des disparues. 

Toutes ces composantes sont essentielles à la création de Qiksaaktuq, pièce à la fois composée et improvisée, ou « comprovisée ».

— Christine Duncan
 

Qiksaaktuq a été commandée par l’Orchestre symphonique de Toronto avec l’appui financier du gouvernement du Canada, pour un concert présenté en mars 2017, à l’occasion du 150e anniversaire de la Confédération canadienne.

Zosha Di Castri

Dear Life, mots et paroles adaptés du récit d’Alice Munro (adaptation par Merilyn Simonds)

J’ai été invitée à composer Dear Life quelques jours à peine avant la naissance de mon premier enfant. Au mépris du bon sens qui clamait qu’entreprendre la composition d’une œuvre orchestrale d’une telle envergure pendant mes premiers mois de maternité relevait de la folie, j’ai été subjuguée par ce projet. Était‑ce le récit? Les mots de Munro ont résonné en moi : le portrait d’une relation mère‑fille tout au long d’une vie, une artiste trouvant sa voix, prenant conscience de son « altérité », mais également de l’universalité de l’expérience vécue. J’admirais la fluidité du texte de Munro, ses souvenirs à moitié vagues – fictifs? autobiographiques? – tantôt ambigus, tantôt saisissants de transparence.

Aussi ai‑je tenté de raconter l’histoire à ma façon, par la musique, le son et l’expérimentation. La voix de Martha Henry nous accompagne dans la narration du texte adapté. La soprano, quant à elle, manie des fragments de texte et des sons inventés, réaction viscérale comblant l’écart entre la dimension abstraite de la musique et la dimension concrète de la parole. Sa présence, musicale et dramaturgique, se précise, puis s’évapore. Au départ, sa voix fusionne avec l’orchestre, mais peu à peu, elle émerge en tant qu’entité distincte à part entière.

L’orchestre oscille entre musique absolue (textures résolument abstraites, tantôt statiques, tantôt spasmodiques), et ce que j’appelle musique archétypique, celle qui provient de l’inconscient collectif : des mémoires musicales, des hymnes déformés par le temps, le son de volées d’oiseaux migrateurs, une mélodie fredonnée, le grésillement réorchestré de la friture des phonographes, symbole même de la nostalgie. Voilà d’où je tire mon inspiration pour créer divers espaces musicaux, allant du récit dans le récit (la fable de Netterfield) au poème de mirliton chanté vers la fin de l’œuvre. Derrière la beauté bucolique de ces réminiscences se cache le frisson du danger, de la violence, du malheur, et pourtant, au bout du compte, ce que nous en retirons est le pardon et l’acceptation. Il y a quelque chose de profondément humain dans cette histoire.

Alice Munro a écrit : « Un récit n’est pas comme une route à suivre… c’est plutôt comme une maison. Vous y entrez et y passez quelque temps, errant d’une pièce à l’autre […]. Et vous, le visiteur, êtes aussi transformé par le fait d’être dans cet espace clos, qu’il soit spacieux et accommodant ou rempli de racoins biscornus, qu’il soit meublé avec parcimonie ou opulence. Vous pouvez y revenir encore et encore, et chaque fois la maison, le récit, contient plus que vous n’y avez vu la dernière fois. » 1

J’ai l’espoir que c’est dans cet esprit que les auditeurs feront l’expérience de ma maison sonore.

— Zosha Di Castri
 

1 Traduction libre de l’introduction de l’édition Vintage de Selected Stories, 1968–1994 (New York: Vintage Books, 1996).

Jocelyn Morlock

My Name is Amanda Todd

Née à Saint-Boniface (désormais intégré à Winnipeg), le 14 décembre 1969
Vit actuellement à Vancouver

Jocelyn Morlock est titulaire d’un baccalauréat en musique (Interprétation – piano) de l’Université Brandon, ainsi que d’une maîtrise et d’un doctorat en arts musicaux de l’Université de la Colombie-Britannique. Ses « harmonies chatoyantes » (Georgia Straight) et son approche « adroitement personnelle » (Vancouver Sun) ont valu à Jocelyn Morlock de nombreux prix, au pays comme à l’étranger : classement parmi les 10 finalistes à la Tribune internationale des compositeurs en 2002; le Mayor’s Arts Award dans la catégorie Musique, à Vancouver (2016); et le prix JUNO de la Composition classique de l’année pour My Name is Amanda Todd (2018).

La plupart des compositions de Jocelyn Morlock sont destinées à de petits ensembles, plusieurs d’entre elles pour des combinaisons inhabituelles, telles piano et percussions (Quoi?), violoncelle et vibraphone (Shade), ou basson et harpe (Nightsong). Velcro Lizards a été composée pour un ensemble formé d’une clarinette ou d’une clarinette basse, d’une trompette, d’un violon et d’une contrebasse.

Cobalt, sa première œuvre commandée par l’Orchestre du Centre national des Arts, a été créée par ce dernier en 2009; ce concerto pour deux violons et orchestre figure sur son premier album complet, aussi intitulé Cobalt, paru sous étiquette Centrediscs en 2014. Morlock est la compositrice en résidence de l’Orchestre symphonique de Vancouver depuis 2014.

– Traduit d’après Robert Markow

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My Name is Amanda Todd

Lorsque j’ai commencé à écrire cette composition, mon esprit était animé par ce qu’avait vécu Amanda, et je pouvais m’imaginer à quel point il doit être destructeur de voir sans cesse des messages et des commentaires malveillants dirigés contre soi, surtout quand on est jeune. Toute cette atmosphère négative me semblait étouffante. En parlant avec sa mère, Carol Todd, et avec Christopher Deacon, de l’Orchestre du CNA, j’ai réalisé le pouvoir de transformation qui aurait opéré sur la jeune fille si elle avait pu prendre le contrôle de la situation et raconter son histoire en utilisant la même plateforme que ceux qui s’employaient à la dénigrer.

Carol m’a parlé de tous les endroits où elle porte son message, parce que les gens finissent par reconnaître la nécessité d’agir pour mettre fin à la cyberintimidation. Elle m’a parlé des enfants qui cherchent auprès d’elle de l’aide, ou qui lui disent que les vidéos et l’histoire d’Amanda les ont aidés; des jeunes qui affirment avoir trouvé de l’espoir à travers Amanda et Carol. J’éprouve un profond sentiment de joie devant le courage d’Amanda et le message de Carol.

My Name is Amanda Todd s’ouvre sur un chagrin immense qui se transforme en une énergie négative sournoise et plutôt désespérée où l’on voit, impuissant, se multiplier les remarques et images corrosives. Je reprends ensuite pratiquement les mêmes matériaux musicaux (petits gestes, timbres et rythmes très semblables) que je modifie graduellement pour créer une musique de plus en plus puissante et positive.

— Jocelyn Morlock

Nicole Lizée

Bondarsphere

Pour réaliser cette œuvre, j’ai passé des heures à éplucher des enregistrements provenant de la collection de Roberta Bondar, tour à tour charmée, envoûtée et profondément émue par ce que je découvrais. J’ai tiré de tout cela un environnement sonore formé d’éléments hétéroclites : inflexions de la voix de l’astronaute décrivant la vue qu’elle a du Canada depuis l’espace (une voix filtrée – une voix « venue de l’au-delà »; cachet poétique du message qu’elle a livré lors de son intronisation à l’Allée des célébrités canadiennes; souvenir nostalgique de la prestance de célèbres chefs d’antenne dont on reconnaît la voix; et explosion de joie d’enfants réunis à Sault Ste. Marie pour saluer le retour de l’espace de leur héroïne. Toutes ces bribes composent les pierres d’assise musicales de l’œuvre. Elles sont étirées, contorsionnées, collées et tissées ensemble pour créer des thèmes, lignes de basse continue, chants, canons et chœurs, avec le concours de l’orchestre, dans un foisonnement de couleurs et d’harmonies.

Ce que j’ai cherché à faire dans chacun des huit mouvements évoquant les huit jours que la Dre Bondar a passés dans l’espace, c’est harnacher les fils sonores et visuels de son aventure – suspendre le temps, plonger dans chaque scène et créer une expérience en soi. Exprimer, à travers la voix et l’esthétique qui sont les miennes, l’émotion que suscitent les réalisations inouïes de l’astronaute, pour que leur rejaillissement à l’échelle planétaire trouve un écho sonore et visuel.

— Nicole Lizée

John Estacio

I Lost My Talk, d’après le poème de Rita Joe

Dans I Lost My Talk, poème de quinze vers, Rita Joe décrit la crainte bouleversante d’être dépouillée de sa culture. À l’image de ce poème de quatre strophes, la composition musicale est divisée en quatre mouvements sans pause. Un solo de flûte bucolique évoque la vie que menait l’énonciatrice avant d’être envoyée au pensionnat de Shubenacadie. Les cordes jouent un hymne qui prend soudain l’allure d’un environnement musical hostile; la mélodie jouée par la flûte est maintenant brisée et perdue dans un paysage sonore d’une tonalité étrangère. Pendant tout le deuxième mouvement, tandis que les thèmes musicaux se reforment, la percussion et les cuivres dans leur registre grave interrompent fréquemment la mélodie, la forçant à se reconstituer et à continuer dans une atmosphère de plus en plus oppressante. C’est avec les mots « Vous me l’avez arrachée » que débute un troisième mouvement agressif; la flûte solo est de retour, emportée dans un élan frénétique. Un solo de percussion accueille le retour de l’hymne, qui revêt cette fois un caractère tendu et inquiétant. Pour accompagner le vers « Je parle de deux manières », l’hymne est joué simultanément dans deux tonalités différentes. Le quatrième mouvement, une musique au ton noble, s'ouvre sur les mots « Alors, je tends la main »; ici, un hymne de réconciliation s’élève, tandis que la narratrice trouve le courage de se faire la messagère de la paix et de la compréhension entre deux cultures différentes, apportant du même coup l’apaisement dans sa propre vie.

— John Estacio

I Lost My Talk: Générique

Interprètes

Kennedy Bomberry

Jesse Dell

Josh DePerry

Ascension Harjo

William Merasty

Monique Mojica

Nimkii Osawamick

Tekaronhiáhkhwa Santee Smith

Montana Summers

Alex Twin

Normal Studio (Montréal), Conception visuelle et scénique

Samuel Greffe, Producteur, Normal

Frédéric Cordier, Directeur du multimédia, Normal

Michel Greco, Monteur et coloriste

Milan Podsedly CSC, Directeur de la photographie

Susanne Ritzau, Régisseuse générale

Trinni Franke, Productrice associée

Ryan Port, Premier assistant réalisateur

Paul Roberts, Deuxième assistant réalisateur

Ariana Shaw, Troisième assistante réalisatrice

Ann Baggley, Assistante de Donna Feore

Chrisann Hessing, Coordonnatrice de la production

Forbes Campbell, Superviseur du scénario

Teresa Przybylski, Conceptrice des costumes

Michelle Tracey, Alex Mancini, Michelle Rivers, Assistante costumière

Andrea Heldman, Chef, Coiffures et maquillages

Heather Snowie, Coiffures et maquillages

Sasha Moric, Cadreur

Lori Longstaff, Tony Lippa, Premier assistants-cadreurs

Aaron Mallin, Bart Bialasik, Deuxième assistants-cadreurs

Chris Bacik, Silvio Bulgaret, Opérateur de drone

James Thurston, Chef-électricien

Paul Gettlich, Électricien    

Tom O’Reilly, Chef machiniste

Allan Schwartzenberger, Superviseur technique – Gestion de données

Laury Dubé, Assistant-monteur

Chris Daellenbach, Peter Oundjian, Adjoints à la production

Doug Pawis, Sharon Nanibush, Nathan Pamajewon, Debra Stanger, Mary J. Acosta , Figurants

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Remerciements particuliers

Monica Côté, A.J. Demers, Milton Howe, Eugene Watts, Donna Zuchlinski, OMDC, Parc provincial Killbear

Une production de Willis Sweete Productions pour le Centre national des Arts, 2016

Remerciements

La Fondation du Centre national des Arts remercie les personnes et les organisations suivantes, qui aident à concrétiser la vision d’Alexander Shelley axée sur l’investissement dans des œuvres canadiennes nouvelles.

Pour plus d’information sur Réflexions sur la vie et sur d’autres projets de création du CNA que vous pouvez appuyer, communiquez avec la Fondation du CNA au 613 947-7000 poste 315, ou à fondationducna@cna-nac.ca.

The Gail Asper Family Foundation

La Fondation Azrieli

Kimberley Bozak & Philip Deck

Bonnie & John Buhler

Alice & Grant Burton

The Canavan Family Foundation

Le très honorable Joe Clark, C.P., C.C., A.O.E. & Maureen McTeer

Michel, Anju, Roman & Angelica Collette

Barbara Crook & Dan Greenberg, Danbe Foundation

Thomas d’Aquino & Susan Peterson d’Aquino

Ian & Kiki Delaney

Amoryn Engel

Mohammed A. Faris

Susan Glass & Arni Thorsteinson

Ressa Greenberg

Shirley Greenberg, C.M.

Dr. Dianne Kipnes, C.M. & Mr. Irving Kipnes, C.M.

Dr. Kanta Marwah

Janice & Earle O’Born

Gail O’Brien, LL.D. & David O’Brien, O.C.

Onex Corporation

Power Corporation du Canada

The Alan & Roula Rossy Family Foundation

John & Jennifer Ruddy

Alexander Shelley & Zoe Shelley

Dasha Shenkman, OBE, Hon RCM

Carolyn & Scott Shepherd

Eli & Philip Taylor

Donald T. Walcot

Famille Zed Family

Donateur anonyme (1)

Le Centre national des Arts tient à remercier : 

Alice Munro et famille

Famille Joe 

Communauté d’Eskasoni

Carol Todd

Roberta Bondar

CBC

Allée des célébrités canadiennes


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