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Tête-à-tête : Kevin Loring, Directeur artistique, Théâtre autochtone du CNA

© La Presse Canadienne

Q. Vous inaugurez cette saison le Théâtre autochtone du CNA, premier en son genre au monde. Comment vous sentez-vous?
R.
Je suis enthousiaste. J’aborde mon rôle comme une mission sacrée envers les conteurs autochtones de ce vaste territoire.

Q. Qu’espérez-vous accomplir?
R. Mon souhait est que le Théâtre autochtone du CNA devienne un phare pour les jeunes artistes partout au pays. Qu’il les encourage à imaginer leurs propres histoires sur nos scènes.

Q. Que voulez-vous dire par « nos histoires guérissent »?
R. Au fil des siècles, nos langues ont été presque éteintes, nos danses interdites et nos cérémonies mises hors-la-loi. Les Autochtones qui racontent leurs propres histoires aident à guérir les blessures que le passé nous a infligées, afin que nous puissions tous repartir sur un bon pied.

Q. En quoi l’art du conte autochtone se distingue-t-il?
R. Nous élaborons et interprétons nos récits à travers le prisme des peuples autochtones. Nous racontons nos histoires depuis des temps immémoriaux. Elles sont enracinées dans le territoire. Nos traditions prennent leur source dans l’oralité, le chant, la danse et la célébration de la création. L’expérience autochtone est très différente de celle des colonisateurs, qui n’ont pas la même vision de ces terres.

Q. Comment les Canadiens peuvent-ils apprendre des artistes autochtones?
R.
Notre démarche, comme artistes autochtones, remet souvent en question les idées reçues sur le Canada. Cette remise en question est saine. Nécessaire. C’est une célébration de la pérennité de nos peuples. Nous sommes la terre. Nous sommes toujours là. Et nous sommes éveillés.

Apprenez-en plus : TheatreAutochtone.ca


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