Mieux vous connaître : Entrevue avec Dina Gilbert, IEM Direction d’orchestre

Dina Gilbert, IEM Direction d’orchestre

AW :   Parlez nous un peu de vous-même. D’où venez-vous et où habitez vous actuellement?
DG :  J’ai grandi à Saint-Georges de Beauce, une petite ville  située à une heure de Québec. Mes parents n’étaient pas musiciens, mais ils adoraient la musique. C’est pourquoi mes cinq sœurs et moi avons toutes appris le piano et le chant choral dès notre plus jeune âge. À seize ans, j’ai déménagé à Montréal afin de poursuivre mes études en musique. Cela fait maintenant 10 ans que j’habite à Montréal, une ville vraiment fantastique!
AW : Vous avez déjà participé à l’Institut estival de musique à titre d’apprentie, en 2010 et en 2011, ainsi qu’à l’Atelier pour chefs d’orchestre canadiens offert par le Centre national des Arts en novembre dernier. Pouvez-vous nous parler de ces expériences et du rôle qu’elles ont joué dans votre formation professionnelle?
DG : Je suis vraiment choyée d’avoir eu l’opportunité de suivre à plus d’une reprise le programme de direction du CNA. J’ai participé à plusieurs cours de direction à travers le monde, mais je considère que le programme offert à Ottawa est de loin le plus intéressant puisqu’il nous permet de voir en profondeur une grande quantité de répertoire avec orchestre. J’ai beaucoup appris des deux étés que j’ai passé en tant qu’apprentie, le Maestro Kiesler étant un très grand pédagogue et son enseignement très enrichissant. Il  détecte rapidement les éléments à corriger chez chacun des chefs et il suggère des solutions pour chacun d’entre eux. Cette approche personnalisée nous permet donc de nous surpasser!
L’hiver dernier, ce fut avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai accepté l’invitation à participer à un cours de quelques jours auprès de l’Orchestre du Centre National des Arts. Un climat idéal d’apprentissage  grâce aux musiciens de l’OCNA, qui prenaient part au développement des chefs présents en leur donnant des commentaires et des critiques très constructifs. Il s’agit assurément d’un cadre unique au Canada; à ma connaissance, aucun autre orchestre professionnel ne contribue de façon aussi significative à la formation de chefs en début de carrière!
L’Institut de musique estival du CNA a grandement contribué à mon perfectionnement et m’a donné un environnement d’apprentissage complémentaire à ma formation académique de maîtrise et de doctorat suivie à l’Université de Montréal. La précieuse expérience que j’ai acquise à Ottawa m’a fortement encouragée à fonder l’Ensemble Arkea. C’est avec beaucoup de fierté que nous venons de terminer notre deuxième saison, et j’ai déjà très hâte à la saison prochaine.
En définitive, chaque séjour à Ottawa concrétise un peu plus mon rêve de devenir chef d’orchestre, en me donnant la chance d’apprendre auprès de deux chefs engagés et inspirants: Maestro Kenneth Kiesler et Maestro Pinchas Zukerman.
AW : Je crois savoir que vous dirigez souvent des œuvres contemporaines. Quel est le rapport entre votre formation classique et ces œuvres plus récentes?
DG : En fait, les méthodes pour étudier la partition et la technique de direction sont les mêmes. Les défis sont toutefois différents. En tant que chef d’orchestre, notre rôle est d’abord de découvrir ce que le compositeur cherche à exprimer. Dans la plupart des cas, il s’agit bien sûr d’une longue et fastidieuse démarche puisqu’on ne peut poser nos questions au compositeur ...
Lors de la création d’une œuvre contemporaine, le compositeur est présent et pourra donc commenter l’avancement des répétitions et clarifier certaines imprécisions. C’est rafraîchissant de pouvoir poser toutes les questions que l’on veut et ainsi participer à la création de l’œuvre.
Par contre, la technique de direction peut parfois s’avérer beaucoup plus complexe, car il n’y a en principe aucune limite et chaque compositeur a une écriture unique.
AW : Quel est le premier album que vous avez acheté?
DG : Je crois qu’il s’agissait de l’album « Tragic Kingdom »" de No Doubt ... ou peut-être de l’album de Metallica accompagné par l’Orchestre de San Francisco.
AW : Y a-t-il une chanson ou un album que vous écoutez beaucoup ces jours-ci?
DG : Je préfère écouter des œuvres différentes plutôt que de réécouter les mêmes œuvres. Comme  je planifie présentement la prochaine saison de l’Ensemble Arkea, l’orchestre de chambre montréalais dont je suis la directrice, j’écoute un peu de tout. Je peux aussi flâner quelques heures sur le site du Centre de musique canadienne, ou encore écouter des concerts du Philharmonique de Berlin grâce à leur "Digital Concert Hall". Sinon, j’adore écouter les chansons d’Édith Piaf, qu’on écoutait à la maison lorsque j’étais petite.
AW : Avez-vous un souvenir préféré d’un concert auquel vous avez assisté ou participé?
DG : Parmi les plus mémorables, je me souviens d’un concert avec l’OSM et le chef invité Zubin Mehta. Il y avait vraiment une complicité palpable entre les musiciens et le chef lors de l’interprétation de deux œuvres qui sont parmi mes favorites: le Sacre du printemps de Stravinski et la 6ème symphonie de Tchaïkovski.
AW : Quel est votre instrument préféré?
DG : Je suis clarinettiste et j’ai longtemps joué du piano, mais j’avoue  que j’aurais adoré apprendre à jouer du violon ou encore du violoncelle. J’adore les instruments à cordes. Ils ont un si beau répertoire !
AW : Quelle est la leçon la plus importante que vous avez apprise?
DG : Plus je vieillis et plus je me rends à l’évidence ... on n’arrête jamais d’apprendre et il faut tout simplement vivre avec ça. Depuis que j’ai obtenu mon diplôme de doctorat en septembre dernier, j’ai l’impression de connaitre plus de choses, bien sûr, mais je constate surtout l’étendue de ce que je ne connais pas encore!
AW : Avez-vous des rituels d’avant-concert?
DG : Il m’arrive parfois de faire quelques gestes, comme par exemple m’étirer  les bras, ou encore d’autres exercices pour m’assurer que ma posture est bien adéquate. Ce ne sont toutefois pas des rituels que je fais à chaque fois. Sinon, dans les jours précédents un concert important, je fais de le visualisation à chaque fois que j’en ai l’occasion. Ça me permet de « vivre » le concert à l’avance, et de me mettre déjà en situation avant même d’avoir posé le pied sur la scène.
AW : Qu’espérez-vous retirer de votre séjour cet été à l’Institut estival de musique?
DG : Cet été, c’est un peu comme la cerise sur le sundae! J’aurai la chance d’avoir plusieurs heures de podium avec l’Orchestre de la Francophonie, en plus de participer à un concert avec l’Orchestre du Centre National des Arts. C’est vraiment un point tournant dans ma carrière puisqu’il s’agit de travailler avec l’un des meilleurs orchestres au Canada. De plus, comme à chaque été, le répertoire est fantastique puisqu’il comprend des œuvres de Brahms, Tchaïkovski, Ravel, Mahler ... Je ne pourrais espérer mieux!
AW : Quel aspect d’Ottawa préférez-vous?
DG : J’adore me promener le long du Canal Rideau ou encore au marché By. De plus, une de mes sœurs habite à Ottawa; je profite alors de mes séjours pour passer du temps avec sa belle petite famille. D’ailleurs, ma nièce adore la musique et elle a déjà hâte de venir me voir diriger le 28 juin prochain!


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