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Entretien avec Lara Deutsch

Lara Deutsch © Brent Calis Photography, Coiffure et maquillage par Audrey Lampron

La flûtiste Lara Deutsch se produit fréquemment avec l’Orchestre du Centre national des Arts (CNA) et différents ensembles partout au Canada. Parmi ses nombreuses distinctions, notons la Bourse de l’Orchestre du CNA (2014). Ancienne du Programme des jeunes artistes (PJA), Lara nous fait part du rôle qu’a joué le CNA dans son éducation musicale et sa vie professionnelle.

Q. Vous avez grandi à Ottawa. Quelles ont été vos premières expériences du CNA?

R. Très jeune, j’ai découvert les arts. Mes frères aînés jouaient tous trois du piano, et ma mère m’emmenait souvent voir les spectacles jeunesse et famille de l’Orchestre du CNA. Le Centre a une magnifique programmation pour les jeunes!

Q. Parlez-nous de vos débuts de musicienne au CNA.

R. Je me suis produite au Centre dans le cadre de MusicFest avec l’harmonie de mon école secondaire. Christopher Millard, basson solo de l’Orchestre du CNA, avait alors fait une présentation sur les instruments à vent. J’ai été étonnée quand il a demandé à un élève de lui donner un coup dans le ventre pendant qu’il jouait! Il voulait nous montrer l’importance de développer ses muscles abdominaux pour jouer des instruments à vent, ce qui m’a inspirée à penser davantage à la dimension physique, presque athlétique, de la musique.

Q. Comment votre carrière a-t-elle bénéficié des programmes de formation musicale du CNA?

R. Les programmes du CNA m’ont soutenue de deux manières. D’abord, le coût de mes études de premier cycle à l’Université McGill a été atténué par les prix remportés à divers Concours de la Bourse de l’Orchestre. La rétroaction obtenue chaque année a aussi contribué à mon cheminement artistique.

Puis, dans le cadre du Programme des jeunes artistes, j’ai reçu sans frais un précieux encadrement de groupe avec les instrumentistes à vent solo de l’Orchestre du CNA. J’ai aussi tissé des liens avec d’autres musiciens, jouant de mon instrument ou non, venus de tout le pays et du monde; j’ai eu depuis le bonheur de collaborer avec certains d’entre eux.

Q. Le CNA vient de célébrer son 50e anniversaire. Vous vous êtes produite à l’occasion d’un concert-midi avec d’autres anciens du Concours de la Bourse de l’Orchestre et du Programme des jeunes artistes. Que veut dire cette prestation pour vous?

R. C’était une extraordinaire occasion de célébrer le CNA et d’exprimer ma reconnaissance à une organisation qui a joué un rôle-clé dans mon parcours professionnel. Il s’agissait d’une prestation intimiste, aux pieds de l’Escalier Glass Thorsteinson, et la proximité avec les spectateurs m’a plu. C’était différent de se produire dans un vaste espace comme la Salle Southam. J’aime le fait que ce type de prestation permet d’établir un contact direct avec le public.

C’était aussi un grand honneur de discuter avec les auditeurs après le concert dans le cadre d’une table ronde animée par l’un de mes mentors, Pace Sturdevant, qui a été trompette solo de l’Orchestre du CNA pendant 23 ans et m’a soutenue sans réserve tout au long de ma carrière.

Q. Auriez-vous des conseils pour les jeunes musiciens?

R. Je dirais qu’il est impératif, pour un musicien, de développer ses capacités mentales. Apprendre à être flexible et résilient, à s’adapter à diverses circonstances est aussi important que maîtriser son instrument. J’ai aussi appris que chacun doit avoir sa propre définition du succès et être ouvert à des cheminements de carrière non traditionnels.

Q. Qu’aimeriez-vous dire aux donateurs de la Fondation du CNA qui soutiennent les programmes d’éducation musicale?

R. Je suis remplie de gratitude envers tous ceux et celles qui font un don en faveur de l’éducation musicale, laquelle souffre souvent des restrictions budgétaires. Les programmes de musique sont essentiels – ils nous enseignent la persévérance, l’assiduité et le travail d’équipe, et favorisent l’expression de soi, ce qui nous permet de mieux nous comprendre nous-mêmes.

Savoir que des gens qui ne me connaissaient pas me soutenaient parce qu’ils croyaient au pouvoir de la musique et à ce qu’elle apporte à la société a été pour moi source de motivation tout au long de ma carrière. Merci de tout cœur!

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