Trouver sa voix à travers le Silence

Le 18 octobre dernier, la dramaturge Trina Davies a discuté avec des donateurs de la Fondation du CNA. Elle leur a parlé de la genèse de sa pièce Silence et de plusieurs voix venues du passé et du présent.

Comme il se doit, tout a commencé avec un coup de téléphone… et un chien parlant. En 2006, la dramaturge réputée Iris Turcott (1954-2016) appelle Trina et lui demande d’écrire une pièce de théâtre sur Alexander Graham Bell. Mme Turcott est alors particulièrement frappée par le fait qu’avant d’inventer le téléphone, Bell avait tenté d’apprendre à son chien Trouve à parler. Grâce à toute une gamme de méthodes, il avait apparemment réussi à faire dire à son chien quelque chose du genre de « Comment allez-vous, grand-maman? ». Mme Turcott se dit que Trina serait capable de rendre cet épisode de manière imagée dans une pièce de théâtre, vu son talent pour la communication visuelle. Révélation : le chien a été coupé au montage!

Trina commence son travail en lisant de nombreux ouvrages sur Alexander Graham Bell, alors même qu’elle travaille sur d’autres pièces. Elle cherche un angle d’approche pour raconter cette histoire, une voix ayant besoin d’être entendue. C’est en Mabel, femme de Bell et sa muse, qu’elle la trouve. Enchantée de la direction que prend la pièce, Mme Turcott est en la championne et ne manque pas une occasion d’en faire la promotion.

Trina continue les recherches et visite même le Lieu historique national Alexander-Graham-Bell à Baddeck, en Nouvelle-Écosse. Ce n’est qu’en 2016, dix ans après le coup de fil de Mme Turcott, que la pièce Silence prend vie : pendant une semaine, à Calgary, Trina, des acteurs et d’autres artisans du monde du théâtre travaillent ensemble pour faire de la pièce ce qu’elle est aujourd’hui. Elle a été produite par le Grand Theatre de London, Ontario, en première plus tôt cette année, et dirigée par Peter Hinton, ancien directeur artistique du Théâtre anglais du CNA, qui avait participé à l’atelier à Calgary.

En tant que dramaturge, Trina sait bien qu’elle peut faire une partie du travail, mais que la création d’une pièce de théâtre est vraiment une entreprise de collaboration, comme elle l’a confié aux donateurs de la Fondation du CNA. Une chose est certaine, toutes les voix qui composent Silence, qu’elles émergent du passé ou du présent, contribuent à former une pièce de théâtre qui nous parle d’amour et de communication, que ceux-ci aient une dimension verbale ou non.

Nous tenons à remercier le commanditaire de nos répétitions publiques et des avant-premières, Rob Marland, Royal LePage Performance Royalty, qui rend possibles les causeries pour les donateurs de la Fondation du CNA.

Patricia Woods

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