Felix Mendelssohn, 13 ans : Le pianiste Benjamin Hochman commente les dons précoces du compositeur

Benjamin Hochman © Juergen Frank

Au Centre national des Arts du Canada, nous prenons un immense plaisir à présenter sur notre scène nationale certains des artistes les plus exceptionnels de la planète. Le Boston Globe a qualifié le pianiste Benjamin Hochman d’« étoile montante de la scène musicale classique ». Voici ce que dit l’artiste du Concerto pour violon, piano et orchestre de Mendelssohn, qu’il interprétera avec notre violon solo Yosuke Kawasaki et l’Orchestre du CNA les 14 et 15 mai.  

Le Concerto pour violon, piano et orchestre de Félix Mendelssohn est un des rares concertos du répertoire écrit pour cette combinaison d'instruments. Par ailleurs, c'est un merveilleux exemple du talent précoce de Félix Mendelssohn, puisque le musicien n'avait que 13 ans lorsqu'il l’a composé. Ce concerto révèle déjà la combinaison tout à fait unique de virtuosité fougueuse, de lyrisme mélancolique et d'élégance raffinée qui caractérise les chefs-d’œuvre postérieurs de Mendelssohn.

Ce concerto dénote aussi l'influence de trois compositeurs que Mendelssohn vénérait : Johann Sebastian Bach, Ludwig Van Beethoven et Wolfgang Amadeus Mozart. L'influence de Bach se fait sentir dans la transparence et dans l'écriture semi-fuguée de nombreux passages, y compris dans l'introduction du premier mouvement. Celle de Beethoven apparaît dans l'atmosphère puissante et troublée de nombreux passages, y compris dans l'ouverture du troisième mouvement. Et l'influence de Mozart se révèle dans la merveilleuse simplicité de l'ouverture du deuxième mouvement – bien que le long filigrane qui parcourt la partie pour piano dans le milieu du deuxième mouvement n'aurait pu être écrit par personne d'autre que Mendelssohn.

De fait, le mélange de classicisme et de romantisme qui caractérise le style de Mendelssohn est déjà clair dans ce concerto – et bien que les œuvres ultérieures du compositeur soient mieux maîtrisées et de plus grande envergure – la fraîcheur, la vitalité et la beauté de cette œuvre de jeunesse est frappante. La conversation musicale entre les deux solistes et l'orchestre, mais également entre les deux solistes eux-mêmes, est une autre caractéristique intéressante de cette œuvre. Mendelssohn aborde la forme et le style concertants de manière plutôt traditionnelle (important tutti au commencement du premier mouvement, passages virtuoses pour les instruments solistes au lieu de la présentation de matériau thématique par l'orchestre, etc.), mais il propose aussi de longs passages où les deux instruments solistes jouent sans accompagnement orchestral. Certains de ces passages – par exemple la remarquable section médiane du deuxième mouvement – pourraient presque passer pour une sonate en duo.

Personnellement, j'aime beaucoup ce concerto. Je pense que Mendelssohn est sous-estimé à l'heure actuelle et que beaucoup de ses compositions moins connues méritent d'être entendues pour elles-mêmes : pour leur beauté intrinsèque plutôt que pour leur contexte historique ou culturel et pour leurs propres mérites plutôt que par comparaison aux œuvres d'autres grands compositeurs. Enfin, je suis absolument ravi de jouer ce concerto en compagnie du fabuleux violoniste Yosuke Kawasaki (qui est aussi un ami), du merveilleux chef d'orchestre John Storgårds et de l’incomparable Orchestre du Centre national des Arts.


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