Message brut

avec l'Orchestre du CNA
Nokuthula Ngwenyama

Primal Message

Nokuthula Ngwenyama dit de son œuvre, Primal Message, écrite initialement pour quatuor à cordes en 2018, qu’elle est « basée sur l’idée de transmettre les choses que nous apprenons pour communiquer entre nous : notre intelligence, nos émotions, notre gentillesse ». Le voyage créatif qui a donné naissance à cette œuvre commence après la lecture d’un article de Steven Johnson paru en 2017 dans le New York Times Magazine, « Greetings E.T. (Please Don’t Murder Us) », et après une réflexion sur le message d’Arecibo, ce message radio interstellaire sur la Terre et l’humanité envoyé en 1974 sur l’amas globulaire M13. Comme elle en parle à Matthew Neil Andrews dans une entrevue pour l’Oregon ArtsWatch en septembre 2018 :

« Primal Message était une bonne façon d’explorer ce que nous sommes et comment nous communiquons… L’essence primaire, à la fois l’intelligence et l’émotion, tout à la fois. Comment prendre contact avec cela? Comment le communiquer? Comment en faire un message de beauté, un message assez convaincant pour qu’une autre forme de vie se dise “Waouh, c’est génial que quelqu’un ait pensé à intégrer les mathématiques là-dedans et à en faire une chanson”. »

Ce soir, vous entendez la version orchestrale de Primal Message, qui a été présentée pour la première fois en novembre 2020 par l’Orchestre Symphonique de Detroit, sous la direction de Xian Zhang. Comme cadre pour sa composition, Nokuthula Ngwenyama se base sur la séquence de nombres premiers 2-3-5-7, qui définit la trame rythmique ainsi que la structure harmonique et mélodique de l’œuvre. Le cœur même de la pièce est une mélodie empreinte de chaleur et de nostalgie, fondée sur la gamme pentatonique. Elle se déploie par vagues, avec des moments assourdis et délicatement texturés qui s’enflent ensuite en un déferlement intense et passionné doté d’un contrepoint plus dense. Selon la compositrice, la mélodie possède « une sorte d’extase… et renferme tous les espoirs, les rêves et les passions de l’humanité. »

Notes de programme rédigées par Hannah Chan-Hartley

Florence Price

Concerto pour piano en un mouvement

Andantino – Adagio cantabile – Allegretto

Le Concerto pour piano en un mouvement de Florence B. Price, achevé en 1934, est la deuxième œuvre orchestrale majeure de la compositrice, faisant suite au succès de sa Symphonie no1 en mi mineur. Elle est la soliste lors de la première représentation de l’œuvre, le 24 juin 1934, à l’occasion de la cérémonie de remise des diplômes du Chicago Musical College, où elle fait alors des études supérieures. Sa performance, accompagnée par l’orchestre du collège, reçoit un bel accueil. Par la suite, le concerto est interprété ailleurs, récoltant les éloges de la critique.

Les obstacles de genre et de race limitent ultimement la diffusion de sa musique. Après sa mort en 1953, ses œuvres, dont son Concerto pour piano, tombent dans l’oubli. C’est en 1993 que Rae Linda Brown, une musicologue américaine, examine les deux manuscrits survivants du concerto (une réduction pour piano et orchestre et un pour deux pianos) et retrouve des parties manuscrites de l’œuvre pour orchestre dans la collection privée d’Eugenia Anderson, une professeure de piano de Chicago. La partition a depuis été reconstituée et, au cours des dernières années, le Concerto pour piano a refait son apparition dans les programmes de concerts, avec le soutien de pianistes comme Michelle Cann.

Le Concerto pour piano de Florence Price fusionne des éléments de la musique savante euroaméricaine – ici, l’expression « piano romantique » du XIXe siècle – avec des aspects mélodiques, harmoniques et rythmiques de son héritage musical afro-américain. L’œuvre comporte trois parties. Elle s’ouvre sur un Andantino en ré mineur qui révèle un thème spirituel. Celui-ci nous arrive par fragments – d’abord sous la forme de courts motifs interprétés par les trompettes, puis d’un passage pour piano solo – avant d’être développé par l’orchestre. Il faut attendre une autre cadence de piano pour que le thème soit révélé en entier par l’orchestre, accompagné de somptueux arpèges au piano. Une brève partie à la trompette rappelle une fanfare; vient ensuite un long épisode de développement où piano et orchestre s’entremêlent, se perdent dans des harmonies impressionnistes, rehaussé par de longs passages d’une grande virtuosité du soliste. 

Le concerto se poursuit en ré majeur, avec la merveilleuse mélodie qu’est l’Adagio cantabile. Comme le mentionne Brown, elle suit le format d’« appel et de réponse » typique de la musique folklorique afro-américaine. Chaque fois que l’appel (ou le couplet) est introduit par le hautbois, il est subtilement modifié, dans l’esprit d’improvisation propre à cette partie. L’appel est suivi de la réponse lyrique du piano solo, souvent teintée d’harmonies chromatiques et somptueusement accompagnée par les cordes. La dernière partie s’inspire des rythmes syncopés de la danse Juba, une populaire danse folklorique d’avant-guerre. Piano et orchestre s’emparent tour à tour de la mélodie syncopée et accrocheuse, l’emportant dans un tourbillon de tons, d’harmonies et de traitements rythmiques complexes et hissant le concerto jusqu’à sa finale exaltante.

Notes de programme rédigées par Hannah Chan-Hartley

Mozart

Symphonie no 39 en mi bémol majeur

I. Adagio – Allegro
II. Andante con moto
III. Allegretto – Trio – Menuetto
IV. Finale : Allegro

 

Mozart compose sa Symphonie no 39 durant l’été 1788, période où il achève également la Grande symphonie en sol mineur (no 40) et la Symphonie no 41, dite « Jupiter ». Il existe peu de traces, voire aucune, des premières représentations de ces œuvres, mais il y a de fortes chances qu’elles aient eu lieu à Vienne, l’automne de la même année. D’abord parce que le compositeur était un homme pragmatique qui aurait rechigné à composer des symphonies, qui était alors un genre de plus en plus prestigieux, sans qu’on lui fasse miroiter reconnaissance et fortune. Toutefois, le manque d’information sur les représentations peut être relié aux circonstances de l’époque, notamment de la guerre entre l’Autriche et la Turquie. Cette dernière ayant poussé plusieurs familles aristocratiques à quitter Vienne, les ressources et les possibilités de réaliser de grands concerts orchestraux étaient limitées.

La Symphonie no 39 en mi bémol majeur allie l’élégance, la vivacité, le drame et l’éclat. Son « monde sonore » est caractérisé par une certaine chaleur et volupté que l’on doit à la présence de clarinettes (sans hautbois). (Mozart a toujours aimé le son et les qualités expressives de cet instrument). Une introduction lente ouvre le premier mouvement de manière grandiose; l’espace d’un instant, il prend un tournant sombre, puis s’achève mystérieusement. Mais le premier thème du mouvement, porté par les violons, est gorgé de soleil et d’une grâce décontractée. Un épisode orchestral vigoureux s’ensuit et aboutit au deuxième thème, tout en douceur, mené par les clarinettes. Au fil de la progression du mouvement, c’est l’énergie qui monte et qui triomphe à la fin.

Le second mouvement, Andante, présente un thème élégant aux rythmes parsemés, joué d’abord par les cordes. Son déroulement (qui change selon les retours) alterne avec deux épisodes contrastants à l’allure turbulente et tumultueuse. Le Minuet qui lui succède est une danse robuste et majestueuse, alors que dans le Trio, une clarinette prend le devant de la scène avec une mélodie envoûtante, alors que l’autre bourdonne derrière. Bâti autour d’un thème unique et gai, l’Allegro final respire la passion et la vivacité. Ce mouvement regorge de surprises; prêtez l’oreille aux arrêts abrupts, aux changements soudains de tons et de nuances, et même à cette chorale mystérieuse de clarinettes et de bassons, qui contribue à conclure cette symphonie exquise de façon éclatante et dramatique.

Notes de programme rédigées par Hannah Chan-Hartley


Orchestre du CNA

PREMIERS VIOLONS
Yosuke Kawasaki (violon solo)
Jessica Linnebach (violon solo associée)
Noémi Racine Gaudreault (assistante violon solo)
Elaine Klimasko**
Marjolaine Lambert
Jeremy Mastrangelo
Manuela Milani
Leah Roseman
Erica Miller*
Martine Dubé*
​Marc Djokic*

SECONDS VIOLONS
Mintje van Lier (solo)
Winston Webber (assistant solo)
Mark Friedman
Carissa Klopoushak
Frédéric Moisan
Edvard Skerjanc**
Karoly Sziladi
Emily Westell**
Andréa Armijo-Fortin*
Renée London*
Sara Mastrangelo*
​Heather Schnarr*

ALTOS
Jethro Marks (solo)
David Marks (solo associé)
David Goldblatt (assistant solo)
Paul Casey
Ren Martin-Doike**
David Thies-Thompson
Sonya Probst*

VIOLONCELLES
Rachel Mercer (solo)
Julia MacLaine (assistante solo)
Timothy McCoy
Marc-André Riberdy
​Leah Wyber

Desiree Abbey*

CONTREBASSES
Etienne Lepine-Lafrance (solo invité)*
Hilda Cowie (assistante solo par intérim)
Marjolaine Fournier
Vincent Gendron

FLÛTES
Joanna G'froerer (solo)
Stephanie Morin**

HAUTBOIS
Charles Hamann (solo)
Anna Petersen**

CLARINETTES
Kimball Sykes (solo)
Sean Rice

BASSONS
Christopher Millard (solo)
Vincent Parizeau

CORS
Lawrence Vine (solo)
Julie Fauteux (solo associée)
Elizabeth Simpson
Louis-Pierre Bergeron**

TROMPETTES
Karen Donnelly (solo)
Steven van Gulik

TROMBONES
Donald Renshaw (solo)
Colin Traquair

TROMBONE BASSE
Douglas Burden**

TUBA
Chris Lee (solo)**

TIMBALES
Feza Zweifel (solo)

PERCUSSIONS
Jonathan Wade
Dan Morphy*
Timothy Francom*

HARPE
Angela Schwarzkopf*

CLAVIERS
Olga Gross*

 

MUSICOTHÉCAIRE PRINCIPALE
Nancy Elbeck

MUSICOTHÉCAIRE ADJOINT
Corey Rempel

CHEF DU PERSONNEL
Meiko Lydall

* Musiciens surnuméraires
** En congé

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