Message brut

avec l'Orchestre du CNA

2021-10-30 20:00 2021-10-30 21:10 60 Canada/Eastern 🎟 CNA : Message brut

https://nac-cna.ca/fr/event/29204

CNA en direct

Œuvre sensible et réellement originelle, Primal Message, de Nokuthula Ngwenyama, s’intéresse à la transmission des choses qu’on se révèle les uns aux autres, comme notre intelligence, nos émotions et notre bonté. Cette œuvre puissante entremêle plusieurs voix en une mélodie pour créer une sublime méditation sur la communication. Florence Price (1887-1953) est une compositrice...

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Salle Southam ,1 rue Elgin,Ottawa,Canada
samedi 30 octobre 2021
20 h HNE
Diffusion en direct

≈ 90 minutes · Sans entracte

Répertoire

Nokuthula Ngwenyama

Primal Message

Nokuthula Ngwenyama dit de son œuvre, Primal Message, écrite initialement pour quatuor à cordes en 2018, qu’elle est « basée sur l’idée de transmettre les choses que nous apprenons pour communiquer entre nous : notre intelligence, nos émotions, notre gentillesse ». Le voyage créatif qui a donné naissance à cette œuvre commence après la lecture d’un article de Steven Johnson paru en 2017 dans le New York Times Magazine, « Greetings E.T. (Please Don’t Murder Us) », et après une réflexion sur le message d’Arecibo, ce message radio interstellaire sur la Terre et l’humanité envoyé en 1974 sur l’amas globulaire M13. Comme elle en parle à Matthew Neil Andrews dans une entrevue pour l’Oregon ArtsWatch en septembre 2018 :

« Primal Message était une bonne façon d’explorer ce que nous sommes et comment nous communiquons… L’essence primaire, à la fois l’intelligence et l’émotion, tout à la fois. Comment prendre contact avec cela? Comment le communiquer? Comment en faire un message de beauté, un message assez convaincant pour qu’une autre forme de vie se dise “Waouh, c’est génial que quelqu’un ait pensé à intégrer les mathématiques là-dedans et à en faire une chanson”. »

Ce soir, vous entendez la version orchestrale de Primal Message, qui a été présentée pour la première fois en novembre 2020 par l’Orchestre Symphonique de Detroit, sous la direction de Xian Zhang. Comme cadre pour sa composition, Nokuthula Ngwenyama se base sur la séquence de nombres premiers 2-3-5-7, qui définit la trame rythmique ainsi que la structure harmonique et mélodique de l’œuvre. Le cœur même de la pièce est une mélodie empreinte de chaleur et de nostalgie, fondée sur la gamme pentatonique. Elle se déploie par vagues, avec des moments assourdis et délicatement texturés qui s’enflent ensuite en un déferlement intense et passionné doté d’un contrepoint plus dense. Selon la compositrice, la mélodie possède « une sorte d’extase… et renferme tous les espoirs, les rêves et les passions de l’humanité. »

Notes de programme rédigées par Hannah Chan-Hartley

Florence Price

Concerto pour piano en un mouvement

Andantino – Adagio cantabile – Allegretto

Le Concerto pour piano en un mouvement de Florence B. Price, achevé en 1934, est la deuxième œuvre orchestrale majeure de la compositrice, faisant suite au succès de sa Symphonie no1 en mi mineur. Elle est la soliste lors de la première représentation de l’œuvre, le 24 juin 1934, à l’occasion de la cérémonie de remise des diplômes du Chicago Musical College, où elle fait alors des études supérieures. Sa performance, accompagnée par l’orchestre du collège, reçoit un bel accueil. Par la suite, le concerto est interprété ailleurs, récoltant les éloges de la critique.

Les obstacles de genre et de race limitent ultimement la diffusion de sa musique. Après sa mort en 1953, ses œuvres, dont son Concerto pour piano, tombent dans l’oubli. C’est en 1993 que Rae Linda Brown, une musicologue américaine, examine les deux manuscrits survivants du concerto (une réduction pour piano et orchestre et un pour deux pianos) et retrouve des parties manuscrites de l’œuvre pour orchestre dans la collection privée d’Eugenia Anderson, une professeure de piano de Chicago. La partition a depuis été reconstituée et, au cours des dernières années, le Concerto pour piano a refait son apparition dans les programmes de concerts, avec le soutien de pianistes comme Michelle Cann.

Le Concerto pour piano de Florence Price fusionne des éléments de la musique savante euroaméricaine – ici, l’expression « piano romantique » du XIXe siècle – avec des aspects mélodiques, harmoniques et rythmiques de son héritage musical afro-américain. L’œuvre comporte trois parties. Elle s’ouvre sur un Andantino en ré mineur qui révèle un thème spirituel. Celui-ci nous arrive par fragments – d’abord sous la forme de courts motifs interprétés par les trompettes, puis d’un passage pour piano solo – avant d’être développé par l’orchestre. Il faut attendre une autre cadence de piano pour que le thème soit révélé en entier par l’orchestre, accompagné de somptueux arpèges au piano. Une brève partie à la trompette rappelle une fanfare; vient ensuite un long épisode de développement où piano et orchestre s’entremêlent, se perdent dans des harmonies impressionnistes, rehaussé par de longs passages d’une grande virtuosité du soliste. 

Le concerto se poursuit en ré majeur, avec la merveilleuse mélodie qu’est l’Adagio cantabile. Comme le mentionne Brown, elle suit le format d’« appel et de réponse » typique de la musique folklorique afro-américaine. Chaque fois que l’appel (ou le couplet) est introduit par le hautbois, il est subtilement modifié, dans l’esprit d’improvisation propre à cette partie. L’appel est suivi de la réponse lyrique du piano solo, souvent teintée d’harmonies chromatiques et somptueusement accompagnée par les cordes. La dernière partie s’inspire des rythmes syncopés de la danse Juba, une populaire danse folklorique d’avant-guerre. Piano et orchestre s’emparent tour à tour de la mélodie syncopée et accrocheuse, l’emportant dans un tourbillon de tons, d’harmonies et de traitements rythmiques complexes et hissant le concerto jusqu’à sa finale exaltante.

Notes de programme rédigées par Hannah Chan-Hartley

Wolfgang Amadeus Mozart

Symphonie no 39 en mi bémol majeur, K. 543

I. Adagio – Allegro
II. Andante con moto
III. Allegretto – Trio – Menuetto
IV. Finale : Allegro

Mozart a composé sa Symphonie no 39 au cours de l’été 1788, période pendant laquelle il a également terminé la « Grande symphonie en sol mineur » (no 40) et la Symphonie « Jupiter » (no 41). Il n’existe que peu de traces de leur première exécution, voire aucune, mais il est vraisemblable qu’elles aient été présentées lors de concerts à Vienne à l’automne de cette année-là. (Mozart était un compositeur pragmatique et il est peu probable qu’il ait écrit des symphonies, qui étaient alors un genre de plus en plus prestigieux, sans la perspective d’un gain pécuniaire ou d’une reconnaissance quelconque.) Il se peut que ce manque d’information soit lié au contexte de l’époque : en effet, l’Autriche était alors en guerre contre la Turquie, ce qui avait poussé de nombreuses familles aristocratiques à quitter Vienne, réduisant ainsi les ressources et les possibilités d’organiser de grands concerts orchestraux.

D’une élégante grandeur, la Symphonie no 39 présente un dialogue animé et un vif éclat dramatique – des qualités que les critiques et les musicologues de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle vénéraient dans l’écriture orchestrale de Mozart. Son « univers sonore » se distingue par une chaleur et une douceur qu’on peut attribuer à la présence des clarinettes. (Mozart aimait depuis longtemps les qualités sonores et expressives de cet instrument, et c’est possiblement pour attirer davantage l’attention sur leur couleur particulière qu’il n’a pas inclus de hautbois dans cette symphonie.) Une introduction lente ouvre le premier mouvement de façon majestueuse; pendant un moment, elle prend une tournure plus sombre et, plus tard, s’achève de manière inattendue, après quoi le thème principal du mouvement proprement dit apparaît, tout en grâce ensoleillée et décontractée dans les violons. S’ensuit un vigoureux épisode orchestral, assurant la transition vers un second thème tout en douceur, mené par les clarinettes. À mesure que le mouvement progresse, c’est son caractère énergique qui est mis de l’avant et qui prévaut à la fin.

L’Andante du deuxième mouvement présente un thème élégant sur des rythmes pointés, d’abord exécuté par les cordes. Son exposition, qui fait subséquemment l’objet de variations, alterne avec deux épisodes contrastés de caractère orageux et turbulent – le second plus intense que le premier, commençant dans un registre aigu chez les violons et se prolongeant par une irrésistible progression d’harmonies. Tout au long du mouvement, on assiste à de saisissantes juxtapositions de timbres entre les cordes et les bois, ainsi qu’à leur constant dialogue.

Le menuet qui suit est une danse robuste et majestueuse, tandis que dans le trio, une clarinette occupe le devant de la scène avec une mélodie charmante pendant que l’autre jacasse en arrière-plan. Construit sur un seul thème animé, l’Allegro final déborde de dynamisme et d’esprit. Les cordes et les instruments à vent s’engagent dans un dialogue dramatique, d’égal à égal, qui façonne la structure du mouvement. Les surprises ne manquent pas : brusques arrêts, changements soudains de tonalité et de dynamique, et même un choral mystérieux mettant en valeur les clarinettes et le basson, viennent conclure cette exquise symphonie dans l’allégresse, avec brio.

Orchestre du CNA

PREMIERS VIOLONS
Yosuke Kawasaki (violon solo)
Jessica Linnebach (violon solo associée)
Noémi Racine Gaudreault (assistante violon solo)
Elaine Klimasko**
Marjolaine Lambert
Jeremy Mastrangelo
Manuela Milani
Leah Roseman
Erica Miller*
Martine Dubé*
​Marc Djokic*

SECONDS VIOLONS
Mintje van Lier (solo)
Winston Webber (assistant solo)
Mark Friedman
Carissa Klopoushak
Frédéric Moisan
Edvard Skerjanc**
Karoly Sziladi
Emily Westell**
Andréa Armijo-Fortin*
Renée London*
Sara Mastrangelo*
​Heather Schnarr*

ALTOS
Jethro Marks (solo)
David Marks (solo associé)
David Goldblatt (assistant solo)
Paul Casey
Ren Martin-Doike**
David Thies-Thompson
Sonya Probst*

VIOLONCELLES
Rachel Mercer (solo)
Julia MacLaine (assistante solo)
Timothy McCoy
Marc-André Riberdy
​Leah Wyber
Desiree Abbey*

CONTREBASSES
Etienne Lepine-Lafrance (solo invité)*
Hilda Cowie (assistante solo par intérim)
Marjolaine Fournier
Vincent Gendron

FLÛTES
Joanna G'froerer (solo)
Stephanie Morin**

HAUTBOIS
Charles Hamann (solo)
Anna Petersen**

CLARINETTES
Kimball Sykes (solo)
Sean Rice

BASSONS
Christopher Millard (solo)
Vincent Parizeau

CORS
Lawrence Vine (solo)
Julie Fauteux (solo associée)
Elizabeth Simpson
Louis-Pierre Bergeron**

TROMPETTES
Karen Donnelly (solo)
Steven van Gulik

TROMBONES
Donald Renshaw (solo)
Colin Traquair

TROMBONE BASSE
Douglas Burden**

TUBA
Chris Lee (solo)**

TIMBALES
Feza Zweifel (solo)

PERCUSSIONS
​Jonathan Wade
Dan Morphy*
Timothy Francom*

HARPE
Angela Schwarzkopf*

CLAVIERS
Olga Gross*

MUSICOTHÉCAIRE PRINCIPALE
Nancy Elbeck

MUSICOTHÉCAIRE ADJOINT
Corey Rempel

CHEF DU PERSONNEL
Meiko Lydall

* Musiciens surnuméraires
** En congé

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