Victoria Hunt

Copper Promises: Hinemihi Haka

Je suis très émue et reconnaissante d’avoir la chance d’accueillir trois artistes de danse contemporaine autochtones dans le cadre de cette édition de Face à Face. Lara, Victoria et Jacob proposent une exploration unique et remarquable de récits éminemment personnels et émouvants.

Pour son duo viscéral Windigo, Lara Kramer puise son inspiration chez sa grand-mère, dans la Première Nation de Lac Seul, dans le Nord-Ouest de l’Ontario. La chorégraphe de Montréal met au jour, sans fard ni complaisance, les vestiges dévastateurs d’un passé porteur de violence envers les peuples autochtones. Nous sommes fiers de figurer parmi les nombreux coproducteurs canadiens de Windigo.  

Dans Copper Promises: Hinemihi Haka, Victoria Hunt explore son héritage māori et l’histoire marquante de son ancêtre Hinemihi, dont le nom est aussi celui d’un lieu de cérémonie māori. Son solo se veut un retour aux sources, à la culture et aux traditions, évoqué en mouvements, en sons et en images. 

Et le courageux et inspirant Blood on the Dance Floor de Jacob Boehme relate son expérience comme Aborigène atteint du VIH. S’inspirant de pratiques des nations Narungga et Kaurna, dont il est issu, Jacob raconte cette histoire à la fois puissante et touchante à travers le théâtre, la danse, la cérémonie et le conte. 

Merci d’explorer avec nous ces œuvres immersives, et la vie en mouvement.

Mot de Victoria Hunt

Je suis la maison et la maison est moi. Je danse l’histoire de la maison et ma propre histoire s’y révèle.

On peut raconter l’histoire d’Hinemihi de bien des façons – c’est un récit des origines, le compte-rendu d’événements traumatisants et une histoire de violence coloniale. C’est aussi mon histoire. Copper Promises traduit un désir de faire apparaître les oscillations de la connaissance en les incarnant dans un corps vivant – un corps de femme, héritier d’une longue lignée ontologique et descendant direct des bâtisseurs de marae (lieux sacrés māori).

L’esprit d’Hinemihi
Le mont Tarawera, avec ses morphologies crépusculaires, son caractère lacustre et ses éclatantes terrasses de silice, superbement mortelles. À travers la brume, ma tête se met à osciller légèrement, tête, nuque et épaules relâchées; l’en-dessous du corps, les yeux retournés, grotesque et extraordinaire. Des guerriers à tête de chien, un lac de prédictions spectrales.

Actes de transgression
Trois millions pour la déesse de la Mort; trois millions pour le linteau sculpté d’une maison; trois millions pour mon pelvis; pillé, vendu au marché noir, coincé dans une rupture… un mariage figé.

Maison ancestrale – Corps ancestral
Je danse la maison et la maison me danse.

Mettre à terre, démanteler, enregistrer, documenter, entreposer en lieu sûr – RAPATRIER. En fin de compte, c’est un amas de bois. Et quand le bois pourrit, il n’y a plus de maison.

L’esprit du peuple
Le corps, déserté par l’esprit, jaillissant des os, de la chair et de la peau, tel de fins rubans de fumée, en suspension dans l’air. Une écorce demeure. Devenir une personne égarée, à la recherche des êtres qui lui sont chers. L’épaisse couche de cendre et de boue s’accroche à vous, vous tirant vers le bas. Une mère et ses enfants ensevelis sous le poids écrasant. Le plus effroyable silence… être précipité par des forces inconnues vers Te Arai.


Copper Promises: Hinemihi Haka

« [Victoria] Hunt a une forte présence sur scène, et l’intensité de la danse haka contraste vivement avec la sérénité de la marche finale. Cette conclusion est empreinte d’un profond recueillement, d’un lien fort avec son héritage, et la dernière image du spectacle est un authentique coup de théâtre. »
– Julia Cotton, Sydney Morning Herald

Copper Promises: Hinemihi Haka est un solo de danse qui incarne le parcours culturel et les pérégrinations d’Hinemihi – l’une des ancêtres de Victoria Hunt, dont le nom est aussi celui d’un lieu de cérémonie māori lié à son héritage Te Arawa (iwi) et Ngāti Hinemihi (hapu).

En 2003, Victoria Hunt se rend en Aotearoa (le nom māori de la Nouvelle-Zélande), et y rencontre des membres de sa famille pour la première fois. Ils l’emmènent au mont Tarawera et au lac du même nom, où Hunt est initiée aux traditions tribales et aux pratiques cérémonielles.

Hunt y apprend l’histoire de l’éruption volcanique de 1886, qui avait chassé ses ancêtres de leur territoire et les avait poussés, ultimement, à abandonner Hinemihi, une maison de rassemblement en bois sculpté dans laquelle de nombreux survivants avaient trouvé refuge lors de l’éruption. Laissée à l’abandon, Hinemihi avait alors été acquise par le comte d’Onslow et transportée à son lieu de résidence dans le Surrey, en Angleterre. Elle s’y trouve toujours, sous la protection du National Trust UK.

Construite selon de sublimes traditions culturelles, Hinemihi a été vendue. Elle paraissait inamovible et, pourtant, elle a été déplacée. Sa construction est le fruit d’un faisceau de traditions exprimant l’esprit collectif d’un peuple, mais cette maison a ensuite été intégrée à une propriété privée dans un pays étranger. Le jardinier anglais du Surrey n’a aucun lien significatif avec Hinemihi, mais il peut néanmoins la voir plus souvent que n’importe lequel des descendants de ses bâtisseurs.

Copper Promises entremêle le parcours d’Hinemihi à celui de Victoria Hunt – parcours qui l’a mené à retrouver sa famille, renouer avec sa culture et apprendre de la terre, de ses ancêtres et de ses pairs. À partir d’un langage gestuel singulier et précis, d’une iconographie et de sensations viscérales, l’artiste et ses collaborateurs créent un univers marqué par la fracture et l’appréhension, mais aussi fait de résilience et de joie.

Copper Promises tient à la fois de la protestation, du pèlerinage et de la complainte.

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Le spectacle Copper Promises: Hinemihi Haka bénéficie du soutien du gouvernement australien par l’entremise du Conseil des Arts de l’Australie, de son fonds pour les arts et de son comité consultatif; il a été créé avec l’appui de Performance Space.

Ce spectacle a été initialement produit grâce au soutien des partenaires suivants : le gouvernement australien par l’entremise du Conseil des Arts de l’Australie, de son fonds pour les arts et de son comité consultatif; le gouvernement de Nouvelles-Galles du Sud (NGS) par l’entremise de Arts NGS; Critical Path et Performance Space. Il a été créé en collaboration avec : Fiona Winning, dramaturge et productrice originale, Performance Space; le Département des Arts du spectacle de l’Université de Sydney; le Creative Practice Lab de l’UNGS; le Queen Street Studio; Artful Management et Ausdance NGS.


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