Événements et spectacles en direct au CNA – mise à jour du 8 avril 2021.

Ersatz

TRAVERSÉE

Petite portion d’humanité à rapporter chez soi

« C’est ma dernière nuit dans ce lit. Le sommeil ne viendra pas. Le vertige est déjà là. »
Nour, dans Traversée
Traversée trailer Traversée: tournée 2018-19 from Voyageurs Immobiles on Vimeo.

En scène, une actrice raconte avec sa voix, et une autre avec la langue des signes, la quête bouleversante de Nour. Guidée par la promesse d’un meilleur nid, la jeune fille part avec pour unique bagage une toute petite boîte et laisse derrière elle celle qui l’aime comme une mère.   

Dans ce spectacle, la metteure en scène Milena Buziak rappelle que la périlleuse traversée qui mène Nour loin du lieu qui l’a vu naître fait écho à une réalité bien actuelle. Comme elle, la moitié des migrants dans le monde sont des enfants. 

En passant...

Le théâtre, ça se lit aussi! Si vous le pouvez, faites un crochet par le texte du spectacle, écrit par Estelle Savasta.


Crédits
Texte : Estelle Savasta / Mise en scène : Milena Buziak / Traduction en langue des signes québécoise (LSQ) : Marie-Hélène Hamel / Avec Florence Blain Mbaye et Hodan Youssouf / Production : Voyageurs Immobiles

S’engager avec Khadija Baker, artiste visuelle 

« Pour ce voyage, il te faudra être un garçon. »

Ce sont les mots transmis à Nour avant qu’on ne lui coupe les cheveux. Car une fille seule sur la route s’expose à des choses terribles. C’est donc avec une « tête d’oiseau », comme le dit Nour, qu’elle entreprend son trajet. 

Comme point de départ, on vous propose de découvrir le travail de l’artiste multidisciplinaire d’origine kurde syrienne Khadija Baker. Pour Traversée, elle a conçu des animations vidéo à partir de cheveux, cette fibre porteuse de mémoire et définissant notre identité.  

Dans sa démarche personnelle, Khadija crée des installations qui font intervenir la vidéo, les arts numériques et la matière. Elle y aborde des thématiques politiques et sociales telles que la persécution, la migration, l’identité et la mémoire. « Mes œuvres ne sont pas faites pour être décrites, mais vécues. J’essaie de provoquer quelque chose par l’expérience, en marquant les mémoires. » 


Être enfant et migrant

Dans le monde, environ 50 millions d’enfants migrants et réfugiés (1 enfant sur 200) ont dû fuir leur foyer pour échapper à des conflits violents et à des catastrophes naturelles ou dans l’espoir d’une meilleure vie.
 

Petit lexique de la traversée

Migrant : une personne qui a quitté son lieu de résidence habituelle, a franchi une frontière internationale ou se déplace à l’intérieur d’un État, quels que soient le caractère du déplacement, volontaire ou involontaire, et la durée du séjour. 

Refugié : une personne qui vit à l’extérieur de son pays de nationalité et qui est incapable d’y retourner parce qu’elle est persécutée ou qu’elle craint d’être persécutée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un groupe social ou de ses opinions politiques.

Demandeur d’asile : une personne qui a quitté son pays où elle était persécutée et qui demande à être protégée dans un autre pays.

Personnes déplacées à l’intérieur de leur pays : personnes qui ont fui leur domicile – et non pas leur pays – en raison de conflits armés, de violences, de catastrophes ou de violations des droits fondamentaux.

Déracinés : terme général non juridique employé par l’UNICEF pour les personnes qui ont quitté leur lieu d’origine pour une raison quelconque. Ils peuvent être des migrants, des réfugiés ou des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays.

Sans-papier : une personne qui ne possède pas de papiers d’identité ni de pièces administratives attestant la légalité de sa présence dans un pays donné.

Passeur : c’est celui qui permet à des clandestins de franchir une frontière.

Camp de réfugiés : camp temporaire construit par des gouvernements ou des ONG (telles que la Croix-Rouge) pour recevoir des réfugiés. C’est un espace humanitaire artificiel, fondé sur un système urbain pour une durée limitée à la suite d’une catastrophe naturelle ou d’une crise politique. Certains camps peuvent accueillir jusqu’à plusieurs milliers de personnes.


  • Apprenez-en plus sur la réalité des enfants migrants en consultant le site de l’UNICEF.
  • Suggestion : suivez le parcours de Joyce et Sallieu, deux jeunes réfugiés, dans ce documentaire de l’Office national du film intitulé Les enfants de tout le monde. (12 +)

L’objet-mémoire 

Dans Traversée, le personnage de Nour s’arrache à son logis avec en poche une énigmatique petite boîte. Qu’est-ce qu’elle peut bien cacher? On le sait, certains objets sont chargés de souvenirs. Ils ont le pouvoir incroyable de nous ramener à l’endroit d’où l’on vient, à ce que nous sommes, aux personnes qui nous sont chères.

Et toi, si tu devais quitter ta maison pour toujours et si tu ne pouvais emporter qu’une seule chose avec toi – ça serait quoi? 

Cette question saisissante, qui demande pour certains de se projeter dans une fiction alors que c’est une réalité pour d’autres, servira de point de départ à un riche partage d’histoires.

Activité

1. Demander à chaque élève d’apporter à l’école un objet précieux en réponse à la question ci-haut.

2. Une fois la mission complétée, proposer à tous ou aux volontaires de présenter ce qu’ils ont apporté.

3. Il est aussi possible d’utiliser les objets comme tremplin pour l’écriture d’un court récit. Et pourquoi ne pas mettre tous ces objets ensemble et en scène le temps d’une photo ou d’une exposition? À vous de jouer!

« Les oreilles de Youmna ne marchent pas. Elle est née comme ça. Youmna m’apprend sa langue. Et cette langue n’est qu’à nous. »

– Nour, dans Traversée

« Ma langue, c’est la langue des signes »

Imane est sourde de naissance. En répondant à des questions soumises par des jeunes de 9 à 13 ans, elle ouvre une fenêtre sur sa réalité.

Clin d’œil sur…

Imane Moussa : C’est celle au centre de la vidéo, elle qui crève l’écran. En plus de se destiner à une carrière d’éducatrice spécialisée, vous ne serez pas étonnés d’apprendre qu’Imane est comédienne. Elle joue au théâtre. Elle nous dit d’ailleurs à quel point il est temps d’accorder une place plus importante aux personnes sourdes en musique, sur nos scènes, dans nos écrans. « Nous avons des valeurs extraordinaires à rajouter à la société. Les personnes sourdes sont capables de TOUT faire. On n’a pas de handicap, on a notre langue. Et ça, c’est un plus! »

Régine Petit : C’est celle qu’on ne voit pas à l’écran, mais dont le rôle est capital et fascinant. Régine, c’est l’interprète d’Imane. Elle est sa voix en quelque sorte. Mais vous vous demandez peut-être en quoi consiste ce métier d’interprète en langue des signes. Imane parle souvent de leur importance dans la vidéo. Régine l’explique à l’aide de cette image : « L’interprète a un rôle proche du traducteur simultané que l’on voit dans les films doublés. Il adapte la parole, l’intonation et la cadence, comme si on ajoutait une voix au signeur*. »

*Le locuteur s’exprime en signes.

La musique et les Sourds

Imane a répondu sans exception à toutes les questions que les jeunes lui ont posées. La vidéo était cependant trop courte pour intégrer l’ensemble des réponses. Plusieurs lui ont demandé si les personnes sourdes écoutent de la musique et si elles en jouent. Vous êtes peut-être curieux vous aussi. Voici ce qu’Imane avait à dire :

« Les Sourds adorent la musique. Nous avons du rythme, on aime les basses, on aime les aigus, on aime tout, les vibrations surtout. On sent tout ça, ça nous fait vivre. »


Envie d’en savoir plus? 

Découvrez quelques-unes des façons dont la musique est pratiquée ou expérimentée par les personnes sourdes et malentendantes…

Explorer la langue des signes québécoise (LSQ)

Plus de 140 langues des signes existent à travers le monde. Au Canada, on utilise la langue des signes québécoise (LSQ), l’American Sign Language (ASL) et les langues des signes autochtones. Malgré la lutte des communautés sourdes au pays, ces trois langues ne sont pas reconnues partout comme officielles; seule la province de l’Ontario reconnaît légalement la LSQ et l’ASL.

À l’aide de l’alphabet en langue des signes, vous pouvez apprendre à signer votre nom. Pour faire un pas de plus, pensez à un mot que vous aimeriez porter dans une manifestation ou qui vous définit ou encore qui apporterait du réconfort à quelqu'un de votre entourage ou croisé dans la rue : l’alphabet vous permettra de signer ce mot en attendant d’apprendre le ou les mouvements qui lui sont associés.

P.-S. Filmez-vous à l’aide d’un petit appareil, comme un téléphone intelligent. Et imaginez faire une mosaïque-vidéo de tous vos noms ou des mots que vous aurez chacun appris! Envoyez-nous vos captations par courriel, on est curieux!

Et si l’envie vous dit de poursuivre votre apprentissage, par ici : App LSQ

Communiquer autrement

Dans Traversée, Nour et sa nourrice, Youmna, communiquent en langue des signes. Youmna est sourde et Nour a appris sa langue. C’est l’occasion, en classe, d’expérimenter le langage non-verbal et la communication par les signes.

1. Deux par deux, les élèves se font face. L’un tente de communiquer quelque chose à son partenaire en utilisant tout son corps et ses expressions faciales, sans l’aide de la parole. Commencer par quelque chose de simple : un objet, une sensation, une action quotidienne. 

2. L’élève qui est le récepteur devine le mot. Il est le seul à pouvoir parler. 

3. Complexifiez tranquillement l’émission des messages et réduisez petit à petit l’utilisation du corps pour ne finir qu’avec les mains. Les rôles pourront par la suite être inversés.

Insatiables?

Étanchez votre curiosité et poursuivez l’exploration selon vos envies :

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