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Compte à rebours du Sacre du printemps – 3e de 5 parties

La première La première interprétation du Sacre du printemps a lieu le jeudi 29 mai 1913 à Paris au Théâtre des Champs-Élysées, qui vient alors d’ouvrir ses portes. Au programme figurent aussi Les Sylphides, Le Spectre de la Rose et les Danses polovtiennes.

Une conception moderniste C’est l’architecte Auguste Perret qui a conçu le Théâtre des Champs-Élysées. Cet édifice de style Art déco, un des premiers construits en béton armé, est rapidement devenu un témoin architectural important. Commande du journaliste et imprésario Gabriel Astruc, le nouveau théâtre fut conçu pour accueillir des œuvres contemporaines de musique, d’opéra et de danse. La majorité des spectateurs qui assistent à la représentation ce soir-là sont sans doute beaucoup plus habitués à l’élégance de la musique et du ballet de style traditionnel et ils ont peut-être l’impression d’être tournés en dérision par l’interprétation étonnamment moderne du Sacre du printemps.

Pour en savoir plus sur le Théâtre des Champs-Élysées, consultez son site officiel : http://www.theatrechampselysees.fr/le-theatre/un-peu-d-histoire (En français seulement).

Émeute La représentation commence à 20 h 45 et, dès les premières notes, des grondements de protestation commencent à s’élever de l’auditoire. Les comptes-rendus et les témoignages de première main de cette soirée qui a viré au chahut — atteignant presque les proportions d’une émeute — lors de la création de l’œuvre, sont nombreux et divergents. La plupart des témoins reconnaissent cependant que les protestations ont sans doute commencé pendant l’introduction et se sont amplifiées lorsque le rideau s’est levé sur les danseurs présents sur scène. De nombreux observateurs se sont penchés sur les causes profondes du chahut. La musique et la chorégraphie ont une part égale de responsabilité, mais on ne peut leur attribuer totalement la paternité du « scandale ». Il faut resituer l’événement dans le contexte culturel et politique plus large de l’Europe de 1913.

Un article du New York Times daté du 8 juin 1913 expose en détail les réactions de l’auditoire au cours de cette fameuse soirée : http://www.nytimes.com/interactive/2012/09/17/arts/dance/rite-of-spring-1913.html?_r=0 (En anglais seulement).

Influence durable Le Sacre du printemps de Stravinski, que le compositeur décrivait lui-même comme « une œuvre musicale et chorégraphique », est une des créations musicales les plus influentes du XXe siècle. On dit que sa première mondiale en 1913 fut l’acte de naissance du modernisme.

Écoutez Le Sacre du printemps dans l’interprétation de l’Orchestre symphonique de San Francisco : http://www.youtube.com/watch?v=Vf0e_n49dcQ (Partie 1 de 4).

Musique cruelle Tom Service a écrit ceci dans The Guardian au sujet de la partition de Stravinski : « Après le solo le plus étrange, le plus aigu et le plus terriblement audacieux jamais confié à un basson dans l’introduction d’une œuvre orchestrale, la musique prend l’allure d’un écheveau nerveux de lignes mélodiques fourmillantes et complexes confiées aux bois... les dissonances acérées et les soubresauts rythmiques sont à la fois ancrés dans les traditions musicales du XIXe siècle et dans la musique folklorique. C’est une musique qui paraît à la fois mécanique et élémentaire, de sorte que Le Sacre reste aussi radical en 2013 qu’il l’était il y a cent ans. Une bonne interprétation de cette musique nous donne tout simplement l’impression d’être pulvérisés. Mais à l’écoute d’une interprétation remarquable, nous nous sentons nous-mêmes sacrifiés par la musique envoûtante et sauvagement cruelle de Stravinski. »

Lisez l’article complet dans lequel Service dresse la liste des mythes et réalités de l’histoire célèbre du Sacre : http://www.guardian.co.uk/music/2013/feb/12/rite-of-spring-stravinsky (En anglais seulement).

Un printemps violent Dans The Guardian également, Judith Mackrell écrit au sujet de la musique renversante de Stravinski : « La partition de Stravinski s'inspire peut-être de la tradition folklorique, mais elle tord et comprime ses sources en formes et sonorités fulgurantes. Les rythmes se heurtent et se brisent en éclats, les harmonies s'entrechoquent, les instruments jouent dans des registres palpitants, grinçants. En fait de printemps, il ne s’agit pas ici d’une douce pastorale, mais de l'évocation d’une saison violente où la glace éclate, le vent hurle et le soleil brûle. »

Lisez les entretiens de Judith Mackrell dans lesquels elle interroge des chorégraphes contemporains sur les liens qu'ils entretiennent avec Le Sacre du printemps : http://www.guardian.co.uk/stage/2013/apr/03/rite-of-spring-sadlers-wells (En anglais seulement).

 

Réaction viscérale Cette œuvre de 36 minutes, avec plus de 40 rôles (les danseurs ont dit n’avoir eu aucun plaisir à danser), provoque de telles protestations dans l'auditoire que Stravinski quitte la salle en colère pour suivre la plus grande partie de la représentation dans les coulisses. En parlant du passage de la « Danse des adolescentes » de la version de Nijinski, lorsque la musique atteint une dissonance percutante, Stravinski a confié à son biographe : « Mais quand le rideau s'est ouvert sur des lolitas aux longues nattes sautant dans tous les sens, l'émeute a éclaté. »


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