Événements et spectacles en direct au CNA – mise à jour du 20 mai 2021.
© Vanessa Heins

Ron Sexsmith avec invitée spéciale Jenn Grant

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Musique

Dans un monde d’auteurs-compositeurs-interprètes ordinaires qui se vautrent dans le narcissisme, apprendre la sortie d’un nouvel album de Ron Sexsmith ne peut que réchauffer le cœur de tous les amateurs de chansons aux expressions poétiques habiles et bienveillantes, qui agissent comme un baume sublime sur les immoralités de la nature humaine. Particulièrement si l’on sait que cet album s’est fait en collaboration avec le producteur qui, depuis une vingtaine d’années, permet à la musique de Sexsmith de s’épanouir dans un environnement des plus fraternels.

À la fin de l’été 2011, Ron s’est retrouvé nez à nez avec Mitchell Froom à Los Angeles et en a profité pour lui refiler un démo des chansons sur lesquelles il travaillait depuis quelques mois. Long Player Late Bloomer, sorti en 2011, s’est révélé comme une percée émancipatrice dans le monde du pop-rock, mais lorsque Froom – le producteur des trois premiers albums de Ron et de Time Being, en 2006 – a commencé a évoqué des arrangements avec des cordes et des bois, il a instantanément piqué la curiosité du chanteur.

Au cœur de Forever Endeavour se trouve une série de chansons taraudées par une peur inattendue qui a habité le chanteur au cours de l’été de 2011, et ce sont ces pistes qui donnent à l’album une gravité ténébreuse. « Au milieu d’une tournée, l’an passé, on a découvert une protubérance dans ma gorge. J’ai passé une IRM et une échographie », raconte Ron, « puis, plus tard, en plein enregistrement de l’album, on m’a soumis à un examen tomodensitométrique pour voir si tout allait bien. J’ai donc passé quelques mois à m’en faire pour tout et pour rien. C’est probablement ce qui explique l’approche si philosophique de certaines pièces. Je me disais : ‘Soit je serai engagé dans une lutte sans merci l’an prochain, soit c’est le dernier disque de ma vie’. »

Après l’énergique album Long Player Late Bloomer, Forever Endeavour se démarque par la langueur de ses compositions. Il s’agit d’une compilation qui s’inscrit sans heurts dans la lignée des premières productions de Froom, comme Other Songs (1997) et Whereabouts (1999). Mélancoliques sans verser dans le sentimentalisme, désinvoltes sans être simplistes, les chansons de Ron sont invariablement conditionnées par une acceptation de ce qu’est réellement la vie.

« Il y a tant de choses frivoles à conter sur le monde qui nous entoure, mais depuis mes tout débuts, j’ai toujours essayé de faire preuve de réalisme et de maturité dans l’écriture de mes chansons », affirme-t-il. « Indépendamment du sujet que vous traitez, vous tentez toujours de faire de votre mieux pour l’aborder sans détour. Je pense qu’il s’agit de la meilleure façon de toucher les gens. Si vous vous égarez en racontant une histoire, ou si vous essayez d’avoir l’air trop intelligent, la déception est le seul dénouement possible. »

« Je crois réellement que cet album est celui que j’ai toujours voulu faire. Cependant, pour une quelconque raison, je ne chantais pas assez bien ou je ne composais pas les bonnes pièces. Les chansons se sont vraiment écrites d’elles-mêmes cette fois-ci. Combinées à une production et à des tons de voix adéquats, elles sont sorties comme je les entendais dans ma tête avant de les coucher sur papier. Lorsque j’ai remis mes compositions, les agents de ma maison de disques parlaient de donner une tournure à l’album, mais je ne pense pas de cette façon. Et je suis fier de ce que j’ai accompli. »

© Vanessa Heins
Jenn Grant
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