Événements et spectacles en direct au CNA – mise à jour de septembre 2020.
Rémi Thériault ©
OCNA à domicile

Pleins feux sur les solistes de l'OCNA

Au programme:

SALIERI Concerto pour flûte et hautbois en do majeur

Joanna G’froerer, flûte
Charles Hamann, hautbois
Alexander Shelley, chef d’orchestre
[Enregistré le 3 octobre 2019]

JOCELYN MORLOCK Cobalt

Yosuke Kawasaki, violon
Jessica Linnebach, violon
Alexander Shelley, chef d’orchestre
[Enregistré le 13 février 2019]

HAYDN Sinfonia concertante

Yosuke Kawasaki, violon
Rachel Mercer, violoncelle
Charles Hamann, hautbois
Christopher Millard, basson
John Storgårds, chef d’orchestre
[Enregistré le 13 septembre 2019]

Nous mettons ce soir pleins feux sur les brillants solistes de notre Orchestre avec des extraits de concerts de février, septembre et octobre 2019.

Le Concerto pour flûte et hautbois de Salieri ouvre le bal ; il met en vedette deux extraordinaires instrumentistes, Joanna G’froerer et Charles « Chip » Hamann, respectivement flûte solo et hautbois solo de l’Orchestre. Si Salieri est aujourd’hui surtout reconnu pour sa contribution à l’opéra (et avoir empoisonné Mozart, selon la pièce Mozart et Salieri de Pouchkine), il a aussi écrit de superbes pièces instrumentales, tel ce concerto de 1774 seulement publié en 1962. Portez attention au traitement imaginatif des deux solistes : ils forment un tout, partagent des lignes mélodiques et se répondent, et ce, avec une ornementation virtuose.

Vient ensuite Cobalt, une œuvre commandée par l’Orchestre du CNA à la compositrice canadienne Jocelyn Morlock en 2009. Lyrique, évocatrice et remplie de mélodies envoûtantes, cette pièce pour deux violons et orchestre s’inspire du moment où, en soirée, le ciel devient cobalt avant de s’assombrir. Elle est portée par une formidable équipe formée de Yosuke Kawasaki et Jessica Linnebach, respectivement violon solo et violon solo associée de l’Orchestre.

Enfin, la Sinfonia concertante de Haydn fait la part belle à non moins de quatre solistes. Yosuke Kawasaki (violon solo), « Chip » Hamann (hautbois solo), Rachel Mercer (violoncelle solo) et Christopher Millard (basson solo) mènent un dialogue musical animé dans cette œuvre fidèle à Haydn par son inventivité. Vous trouverez la réflexion de Christopher Millard à propos de cette charmante Sinfonia sur la page Web de l’édition de cette semaine de L’OCNA à domicile.

Notre raison d’être, en tant qu’interprètes, c’est de jouer pour vous, notre auditoire. J’espère que les œuvres sélectionnées ce soir vous plairont. En attendant de vous revoir bientôt, je vous transmets, à vous et les vôtres, mes meilleurs vœux de santé et de bonheur.

Guide d’écoute du musicien invité Christopher Millard : Pleins feux sur les solistes de l'OCNA

« Profonde, aérienne, émouvante et originale. »

C’est ainsi que la Sinfonia concertante de Haydn a été décrite dans la critique parue dans le Monday Herald de Londres le 9 mars 1792, le lendemain de sa création. En 228 ans d’existence, ce joyau classique n’a rien perdu de son charme et de son originalité.

Le grand art, dit-on, naît en toutes circonstances. Au printemps 1792, Londres suivait avec appréhension ce qui se déroulait de l’autre côté de la Manche : la guillotine fut utilisée pour la première fois en avril ; à la fin de l’année, un procès était intenté au roi Louis XVI ; et un vent de changements soufflait vigoureusement. Haydn, lui, demeurait fidèle à lui-même, transparent et joyeux. Il obtint d’ailleurs un extraordinaire succès public dès le premier de ses nombreux séjours prolongés à Londres ; sa 94e symphonie fut créée à peine deux semaines avant sa Sinfonia concertante. À 59 ans, Haydn était au sommet de son art et de la gloire.

Le talentueux violoniste Johann Salomon, ami et imprésario de Haydn, était en vedette à la création de la Sinfonia concertante. On pourrait résumer cette charmante œuvre comme un concerto amical pour quatre instrumentistes à l’intérieur même d’un orchestre ; aucun des solistes ne prend le dessus, et ils échangent à plusieurs reprises avec l’orchestre. Si une certaine virtuosité est requise, surtout dans le dernier mouvement, ce qui ressort, pour les interprètes principaux, c’est l’impression d’avoir une conversation légère entre amis. Chaque soliste a la possibilité d’exprimer une opinion, de la développer, de s’amuser et de passer le flambeau poliment à ses collègues. Comme dans un échange détendu, deux protagonistes s’associent et s’appuient mutuellement ; c’est que ce qu’on remarque ici, le plus souvent, dans l’union des instruments à double anche, qui fait pendant au dialogue entre violon et violoncelle.

Au fil des ans, j’ai souvent eu le plaisir d’interpréter cette œuvre, et je suis toujours frappé par la dimension essentiellement positive de cette musique. En répétition, j’ai l’impression que Haydn est avec nous, peut-être assis dans la troisième rangée, fumant sa pipe, un verre de porto à la main et souriant.

Les pandémies comme les révolutions passent, mais la joyeuse musique de Haydn demeure, optimiste et toujours d’actualité.  

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