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L'Orchestre du Centre national des Arts du Canada et le directeur musical Alexander Shelley finalistes aux prix Juno pour leur album Aux frontières de nos rêves

L’album de l’Orchestre du CNA, Aux frontières de nos rêves, comprend l’enregistrement en première mondiale du Concerto de l’asile de Walter Boudreau interprété par le pianiste Alain Lefèvre.

29 janvier 2020 – OTTAWA (Canada) Le Centre national des Arts félicite le directeur musical Alexander Shelley, l’Orchestre du CNA, le compositeur Walter Boudreau, le pianiste Alain Lefèvre et le violon solo de l’Orchestre du CNA, Yosuke Kawasaki, de leur mise en nomination pour un prix JUNO, annoncée hier par l’Académie canadienne des arts et des sciences de l’enregistrement (ACASE).

Aux frontières de nos rêves, le récent album de l’Orchestre du CNA sous la direction d’Alexander Shelley, a été sélectionné dans la catégorie Album classique de l’année (Grand ensemble). Une des œuvres figurant sur l’album, enregistrée en première mondiale, est le Concerto de l’asile, né d’une valse de cinq minutes que Walter Boudreau a écrite pour une production scénique de L’Asile de la pureté de Claude Gauvreau.

La semaine des Prix JUNO 2020 se tiendra à Saskatoon, en Saskatchewan, et la cérémonie de remise des prix sera télédiffusée en direct le dimanche 15 mars 2020. Ceci représente la quatrième nomination dans cette catégorie pour l’Orchestre du CNA, la plus récente étant en 2019 pour Nouveaux Mondes, sans oublier le prix d’Angela Hewitt en 2015. Les enregistrements des commissions de l’Orchestre ont remporté le prix dans la catégorie Composition classique en 2018 et 2019 pour Jocelyn Morlock et Ana Sokolovic, respectivement.

À PROPOS DE l’ALBUM AUX FRONTIÈRES DE NOS RÊVES

Aux frontières de nos rêves est un évènement discographique qui réunit certains des plus grands artistes canadiens, en l’occurrence l’Orchestre du Centre national des Arts (OCNA) et son directeur musical Alexander Shelley, le pianiste Alain Lefèvre et le compositeur Walter Boudreau avec des moments de jeu brillants du violon solo du CNA, Yosuke Kawasaki. Les œuvres réunies sur cet enregistrement, soit le Concerto de l’asile de Walter Boudreau, Scheherazade de Rimski-Korsakov et Pavane de Ravel, racontent des histoires en musique, évoquant de façon saisissante les personnages, les lieux et les époques qu’elles dépeignent.

« Ma rencontre avec Walter Boudreau fut l’une des plus marquantes de ma carrière. Pour avoir travaillé avec de grands compositeurs tels John Corigliano et Henri Dutilleux, dès les premières mesures de son Concerto de l’asile, j’ai su que j’étais devant une œuvre magistrale qui marquera l’histoire de la musique contemporaine. Inspirée de la pièce de théâtre L’Asile de la pureté de Claude Gauvreau, sublime allégorie des tourments d’une âme perdue, celle-ci atteint ici des sommets musicaux à la fois rêveurs et dantesques », dit Alain Lefèvre.

Alexander Shelley, directeur musical de l’OCNA, ajoute : « Cette pièce a été écrite pour le soliste Alain Lefèvre qui, par le truchement de la partie de piano aux exigences techniques vertigineuses, personnifie le poète québécois, véritable phénomène littéraire qui trouve finalement sa rédemption dans la mort qui le transfigure. »

Pour le compositeur, ce concerto est un hommage au dramaturge et poète montréalais Claude Gauvreau (1925-1971), lui qui a pris part à la rédaction du manifeste Le refus global, publié il y a 70 ans cette année (duquel s’inspire le titre de cet album : « Les frontières de nos rêves ne sont plus les mêmes »).

Walter Boudreau précise : « Ce concerto relate en quelque sorte le porte-à-faux entre l’univers poétique visionnaire de Gauvreau (le piano) et la société obscurantiste de l’époque, incarnée par l’orchestre. Devant cette incompréhension, et possiblement, selon le poète, l’échec de toute véritable communication, ce dernier a développé une poésie sonore, sorte de langage onomatopéique qu’il décrivait comme exploréen. »

« Les titres des mouvements 1 («Les oranges sont vertes») et 3 («La charge de l’orignal épormyable») font référence à des œuvres de Gauvreau destinées au théâtre, tandis que celui du 2e mouvement («St-Jean-de-Dieu») rappelle l’asile pour aliénés mentaux où il a été interné à quelques reprises et qui s’est transformé depuis en l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, situé dans l’est de la ville », ajoute-t-il.

« Le 3e mouvement voit non seulement le poète revenir à lui-même (prépondérance du piano solo), mais en force, suite à une valse folle («Valse de l’asile»), redonnant peu à peu vie aux icônes fébriles du 1er mouvement, “écrasant” l’orchestre et, malgré une mort précoce («Cortège funèbre»), triomphant enfin et ressuscitant dans un flamboyant tutti posthume », conclut le compositeur.

Derrière cet hommage posthume à Claude Gauvreau se profile, selon Walter Boudreau, celui beaucoup plus concret du compositeur largement inspiré par le génie de cet immense pianiste qu’est Alain Lefèvre, dont la virtuosité, la sensibilité et l’intelligence musicales ont « guidé » sans relâche les différentes étapes de composition de ce concerto jusqu’à son aboutissement.

VIOLON SOLO DU CNA YOSUKE KAWASAKI EN PRESTATION SOLO DÉMARQUÉE

La deuxième des œuvres orchestrales sur le programme de l’album est l’épique suite symphonique Shéhérazade du compositeur russe Nikolaï Rimski-Korsakov, dans laquelle on se doit de souligner la qualité exceptionnelle du jeu du violon solo du CNA, Yosuke Kawasaki. La prestation fut caractérisée par une critique comme marquée de « rythmes implacables, effusions sentimentales et couleurs de bazar égyptien tout à la fois. »  (ARTSFILE 2018).

Enfin, la troisième des œuvres de l’album, Pavane pour une infante défunte de Maurice Ravel, présente une sublime miniature musicale, la vision parfaite et immuable d’une belle jeune princesse dont la danse se répercute à travers les âges. Ravel et Rimski-Korsakov étaient tous deux des « peintres » musicaux consommés qui ont su mettre en relief la virtuosité, la puissance et l’intimité de l’orchestre symphonique.

À PROPOS D’ANALEKTA

Fondée en 1987 par François Mario Labbé, Analekta est la plus importante maison de disques classiques indépendante au Canada. L’entreprise a réalisé plus de 500 albums, enregistré plus de 200 musiciens parmi les plus en vue au pays et a remporté de nombreux prix. En 2019, les œuvres au catalogue d’Analekta franchissaient le plateau des 130 millions d’écoutes sur les plateformes de diffusion en continu à l’échelle internationale.

À PROPOS DE L’ORCHESTRE DU CNA

Créé il y a plus de cinquante ans lorsque le Centre national des Arts du Canada a ouvert ses portes, l’Orchestre du CNA donne plus de 100 concerts par année avec le concours d’artistes de renommée mondiale. L’ensemble se distingue par la passion et la clarté de ses interprétations sur scène comme sur disque, par ses programmes innovateurs d’enseignement et de médiation artistique, et par son apport à l’expression de la créativité canadienne. Alexander Shelley a pris en 2015 la direction musicale de l’Orchestre du CNA, succédant à Pinchas Zukerman, qui a été aux commandes de l’ensemble pendant 16 saisons. En plus de proposer chaque saison une série complète de concerts d’abonnement au Centre national des Arts, l’Orchestre effectue des tournées partout au Canada et dans le monde entier. L’Orchestre du CNA a enregistré plusieurs de ses commandes, dont le nombre dépasse 80 et compte plus de 40 enregistrements commerciaux à son actif.

À PROPOS D’ALEXANDER SHELLEY

Alexander Shelley a pris la direction musicale de l’Orchestre du CNA en septembre 2015. Il est également premier chef associé du Royal Philharmonic Orchestra, et a été premier chef de l’Orchestre symphonique de Nuremberg de 2009 à 2017. Depuis son Premier prix au Concours de direction d’orchestre de Leeds (2005), le maestro a été appelé à diriger des orchestres dans le monde entier, dont le Philharmonia, l’Orchestre philharmonique de Rotterdam, l’Orchestre du Mozarteum de Salzbourg, le DSO Berlin, l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, l’Orchestre philharmonique tchèque, l’Orchestre de la Suisse Romande, l’Orchestra Svizzera Italiana, les orchestres philharmoniques de Stockholm et d’Oslo, l’Orchestre Simón Bolívar, et les orchestres symphoniques de Seattle et de Houston. Il se produit aussi régulièrement comme chef invité des plus grands ensembles d’Asie et d’Australasie. L’enregistrement Aux frontières de nos rêves suit Réflexions sur la vie, RENCONTR3S et l’album Nouveaux Mondes qui a été sélectionné pour un prix JUNO.

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