Compositeur

Anton Bruckner

Autriche

Dernière mise à jour: 18 mai 2022

Anton Bruckner

(1824–1896)

Le musicien autrichien Anton Bruckner était un compositeur, enseignant et organiste virtuose mondialement connu. Son répertoire de composition est très vaste : des œuvres pour orgue, piano et ensemble de chambre (y compris pour quintettes à cordes), mais aussi des œuvres importantes pour voix et instruments, des œuvres chorales autant sacrées que profanes et neuf symphonies qui, avec ses œuvres sacrées, sont ses créations les plus connues aujourd’hui. Ses symphonies renferment les traditions formelles de l’ère classique à la Ludwig van Beethoven et Franz Schubert, tout en penchant pour l’innovation et pour les techniques d’harmonie et d’orchestration de Richard Wagner, l’une de ses idoles. Sa musique tout entière est également façonnée par la ferveur de sa foi catholique.

Né à Ansfelden, près de Linz, le 4 septembre 1824, Bruckner participe aux activités musicales de son village dès son plus jeune âge. Ses parents l’envoient chez son cousin Johann Baptist Weiss pour étudier le violon, le piano et la composition. Après la mort de son père en 1837, il devient choriste dans l’abbaye augustinienne de Saint-Florian. Pendant trois ans, en plus du chant et de son enseignement formel, il étudie le violon et l’orgue et joue du piano lors des concerts de chambre de l’abbaye. À partir de 1841, il enseigne dans différents villages. En 1845, il revient à Saint-Florian, où il reste pendant une décennie en tant que maître d’école assistant et enseignant de chant. En 1850, il devient provisoirement l’organiste du monastère. Malgré cette vie bien occupée, il trouve le temps de composer. À cette époque, il crée surtout des œuvres chorales et des cantates profanes.

En 1855, Bruckner devient l’organiste Dom-und-Stadtpfarrkirchen à Linz; il se lance également avec une assiduité étonnante dans une étude rigoureuse des harmonies et des contrepoints auprès du théoricien viennois Simon Sechter, jusqu’en 1861. Pendant toute cette période, il s’abstient de composer. De 1861 à 1863, il étudie la forme et l’orchestration avec Otto Kitzler, qui lui fait découvrir les drames musicaux de Wagner. Il termine par la suite plusieurs de ses œuvres importantes, dont la Symphonie no 1, qu’il achève en 1866.

Bruckner s’installe à Vienne en 1868 pour enseigner au conservatoire de la ville, où il restera jusqu’à sa retraite en 1891. Il a également travaillé comme organiste à la Hofkapelle et a acquis une réputation internationale en tant que virtuose, faisant des tournées de Nancy à Paris en 1869, puis à Londres en 1871. En tant que compositeur, il se concentre sur l’écriture de symphonies et termine les numéros 2 à 5 entre 1871 et 1876. La première de sa Symphonie no 3 (dédiée à Wagner) est un désastre : contrecoup d’un débat politico-musical du côté du public et des établissements viennois conservateurs qui qualifient son œuvre de « décadente » du fait de son influence wagnérienne. Bruckner entreprend alors de réviser ses partitions. Toutefois, vers le milieu des années 1880, Bruckner trouve du soutien pour sa création du côté des jeunes compositeurs et musiciens issus des groupes comme du côté du Cercle viennois Richard Wagner, dont Gustav Mahler fait partie. Les représentations de sa Symphonie no 7, mais également de sa Symphonie no 3 (dont celle au Metropolitan Opera de New York) assoient sa réputation de compositeur. Souffrant d’une santé précaire vers la fin de sa vie, Bruckner s’éteint le 11 octobre 1896, alors qu’il travaillait sur la finale de sa Symphonie no 9.

Rédigé par Hannah Chan-Hartley

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