Événements et spectacles en direct au CNA – mise à jour de septembre 2020.
Yefim Bronfman ©Dario Acosta
OCNA à domicile

Yefim Bronfman joue Beethoven

Enregistré en février 2019.

Beethoven et Vaughan Williams sont au cœur de ce concert tiré des archives de l’Orchestre du CNA, originalement présenté le 7 février 2019.

Le Quatrième concerto pour piano de Beethoven, interprété ici par l’inimitable pianiste Yefim Bronfman, est innovateur et radical, empreint d’un dialogue animé entre le soliste et l’orchestre. 

La Symphonie no 5 tranquille et radieuse de l’illustre compositeur britannique Ralph Vaughan Williams a d’abord été interprétée en 1943, dans une période de grand tumulte. Le critique Frank Howe l’a décrite comme étant « la tentative la plus réussie depuis Beethoven d’utiliser la musique pour percer le mystère de la vie. » 

Notre interprétation de la Cinquième symphonie était, étonnamment, la première de toutes les neuf symphonies de Vaughan Williams pour l’Orchestre du CNA. Le premier chef invité John Storgårds était le partenaire idéal de l’Orchestre pour cette musique, créant une atmosphère qui met en valeur les aspects de l’œuvre rappelant Sibelius. L’Orchestre est au sommet de sa forme ici sous la direction de John, avec un son riche, une intonation pure chez les instruments à vent, et une certaine délicatesse. 

Les membres de l’Orchestre participent à la sélection des concerts que nous partageons avec vous dans le cadre de L’OCNA à domicile. Au sujet de ce programme, la violoncelliste Leah Wyber écrit : « La symphonie de Vaughan Williams m’apparaît un choix particulièrement pertinent. Elle capture bien le ton de ce qui se produit actuellement sur la planète; la musique est grave et puissante, émouvante, optimiste, contemplative… peut-être même réconfortante. »

Guide d’écoute d’Alexander : le Concerto pour piano n° 4 de Beethoven

Nous célébrerons le 250e anniversaire de naissance de Beethoven le 17 décembre prochain. Tout au long de l’année 2020, des millions de musiciens et de mélomanes du monde entier joueront, chanteront, écouteront et apprécieront la musique de ce compositeur allemand, musique sur laquelle certains décideront même de danser. Beethoven a vécu à une époque très différente de la nôtre; en 1770, les guerres napoléoniennes ravageaient l’Europe et la population mondiale (600 millions de personnes) était dix fois plus petite qu’aujourd’hui (7,5 milliards de personnes).

Comment se fait-il que la musique de Beethoven résonne toujours en nous  aujourd’hui? Comment le message de cet homme ordinaire provenant d’une famille modeste a-t-il traversé le temps et inspiré des millions de gens à célébrer son anniversaire ?

Beethoven a composé ce concerto alors que sa perte d’audition devenait presque complète; la création de l’œuvre, au cours de laquelle il était au piano pour les parties solos, a d’ailleurs été sa dernière apparition publique en tant qu’interprète. Quelques années auparavant, il avait rédigé le Testament de Heiligenstadt, l’une des lettres exprimant des tendances suicidaires les plus émouvantes de l’histoire. Heureusement pour nous, Beethoven vécut encore longtemps.

Même dans cette période difficile de sa vie, toute sa musique était empreinte de beauté, de joie, et d’optimisme, parfois de mélancolie, le tout habituellement évoqué avec simplicité. Ce concerto pour piano ne fait pas exception.

À l’époque, les concertos s’ouvraient généralement sur une longue introduction de l’orchestre donnant le ton à l’œuvre. Ici, c’est le ou la soliste qui interprète les premières notes de la partition, sans orchestre et sans artifices : des accords et des rythmes simples ainsi qu’une mélodie délicate. Le concerto commence dans la tonalité de sol majeur, celle qui domine dans l’ensemble de l’œuvre, puis la résolution se fait tout naturellement en majeur. Le public de l’époque a probablement été stupéfait par cette entrée en matière : Où est l’orchestre ? Pourquoi le soliste est-il le seul à jouer ? Que se passe-t-il ?

L’orchestre entre ensuite dans la danse… mais sans faire d’entrée grandiose. Il répond plutôt à la première phrase de la partie de piano, en y ajoutant un petit quelque chose. L’élément le plus remarquable de cette section demeure la tonalité qu’adopte l’orchestre, c’est-à-dire si majeur. Ce procédé n’a rien d’extraordinaire, me direz-vous, mais portez-y attention. Imaginez que le piano représente une fleur dans toute sa beauté, tandis que l’orchestre en évoque le délicieux parfum. Bref, il s’agit ici d’une ouverture à la fois audacieuse et magnifique, qui pourrait facilement passer inaperçue, compte tenu du fait que l’idée a été reprise par de nombreux successeurs de Beethoven.

Ce passage résume bien l’art de ce grand compositeur : un style simple et direct, humain, mais aussi transcendant.

À cet échange initial succède un premier mouvement rempli, justement, d’échanges entre l’orchestre et le ou la soliste. Beethoven a travaillé parallèlement à ce concerto et à sa Symphonie no 5. Amusez-vous à repérer les occurrences du célèbre motif initial de la symphonie (brève-brève-brève-longue) dans cette œuvre. Vous l’entendrez un peu partout !

Le deuxième mouvement a assurément étonné le public à la création de l’œuvre, et il demeure remarquable, puisque le piano et l’orchestre y sont complètement séparés. Tout comme au début du premier mouvement, la partie de piano fait entendre un énoncé auquel répond l’orchestre. Cependant, ici, l’orchestre propose un thème violent et furieux, comme pour pour inciter le ou la soliste à réagir. Or, la partie de piano demeure tout à fait sereine, comme si le ou la soliste était en transe. On a ainsi l’impression d’une âme scindée en deux , qui est à la fois tranquille et bouleversée.

Après ce magnifique mouvement lent, Beethoven nous transporte dans un univers amusant, léger, lumineux et joyeux. Il poursuit le jeu harmonique du début du premier mouvement, soit le choix d’une tonalité inattendue. Ici, le mouvement s’ouvre théoriquement dans la « mauvaise » tonalité, c’est-à-dire do majeur plutôt que sol majeur. On n’y voit peut-être rien d’extraordinaire aujourd’hui, mais cette technique était TRÈS audacieuse à l’époque ! D’un point de vue musicologique, Beethoven a ouvert la voie aux compositeurs qui souhaitaient eux aussi se lancer dans ce genre d’aventures formelles. Au public, il a offert une musique à la fois profondément humaine et superbement céleste. Il croyait d’ailleurs fermement en la communion des êtres humains, et aspirait à faire résonner sa musique en chacun de nous.

--Alexander Shelley

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