The Breathing Hole / Aglu ᐊᒡᓗ

2022-11-30 19:30 2022-12-10 22:30 60 Canada/Eastern 🎟 CNA : The Breathing Hole / Aglu ᐊᒡᓗ

https://nac-cna.ca/fr/event/30545

Événement en personne

Veuillez prendre note que la représentation du 7 décembre est annulée en raison de circonstances imprévues. Une coproduction du Théâtre autochtone et du Théâtre anglais du CNA En 1535, après avoir eu une vision troublante de l’avenir, une femme inuite prénommée Hummiktuq adopte un ourson polaire. À la fois dramatique et humoristique, The Breathing Hole raconte l’épopée de...

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Théâtre Babs Asper ,1 rue Elgin,Ottawa,Canada
30 novembre - 10 décembre 2022

≈ 3 heures et 30 minutes · Avec entracte

The Breathing Hole / Aglu ᐊᒡᓗ

La pièce se déroule sur cinq siècles, près d’un trou d’air dans l’est de la région de Kitikmeot au Nunavut, terres ancestrales des communautés inuites de la région de Nattilik (Nattilingmiutut). Le Nunavut représente 20 % des terres émergées du Canada et 60 % de son littoral. Si le Nunavut était un pays indépendant, il serait le cinquième plus grand au monde. 

Acte I : ÂMES 
Première scène, 1535 
Deuxième scène, 1544 

Acte II : CORPS 
Première scène, 1845 
Deuxième scène, 1847 

Acte III : RESPIRATION 
Première scène, 2031 
Deuxième scène, 2025 

Mot de la dramaturge

En tant que dramaturge et mère, je ne pouvais pas ne pas écrire une pièce sur l’urgence climatique – en la fondant sur la science et l’histoire, tout en l’ancrant dans l’émotion… mais le sujet est si vaste et complexe que je ne voyais pas comment en tirer une aventure épique qui irait droit au cœur.

Il y a plusieurs années, j’ai lu une touchante histoire pour enfants dans laquelle une vieille femme de l’Arctique avait adopté un ourson et l’avait élevé. Inspirée par l’essence de ce récit – un lien privilégié entre le monde humain et le monde animal – j’ai construit la pièce autour d’un ours polaire mythique qui vit à travers cinq cents ans d’histoire. Le récit commence en 1535 lorsqu’une femme nattilingmiut, Hummiktuq, recueille le petit ourson et le nomme Angu’řuaq. Le lien entre la mère et le fils est si puissant qu’il continue de croître à travers le temps. Angu’řuaq interagit avec toutes sortes de personnes dans la pièce, mais surtout avec le XXIe siècle, car il nous représente dans chacune de nos vies... et de nos morts.

Ma plus profonde gratitude à Aaron Gervais pour m’avoir aidée à travailler sur le canevas initial; à Siobhan Arnatsiaq-Murphy, qui a généreusement partagé ses vastes connaissances traditionnelles et son art pour aider à façonner la spécificité et le comportement de tous les personnages inuits; à Janet Tamalik McGrath, qui a traduit cette pièce de façon vivante et précise en dialecte nattilingmiutut, et qui nous a généreusement permis d’incorporer certaines de ses retraductions du nattilingmiutut vers l’anglais qui enrichissent maintenant la pièce; enfin, à Nilaulaaq Aglukkaq, une aînée de Gjoa Haven qui porte dans sa fibre même l’histoire originale de la vieille femme et de l’ours polaire. La vie est un cercle. 

La pièce The Breathing Hole est produite en vertu d’une entente avec Kensington Literary Representation.

Colleen Murphy est membre de la Playwrights Guild of Canada.
 

L’importance de la langue nattilingmiutut dans The Breathing Hole / Aglu ᐊᒡᓗ

Dernière mise à jour: 30 novembre 2022

avec Miriam Aglukkaq et Janet Tamalik McGrath

Pourquoi était-il important de traduire le texte dans ce qui est maintenant le plus grand exemple existant du dialecte nattilingmiutut?

Tamalik McGrath: Pour nous deux, la priorité a toujours été la préservation et la revitalisation de la langue. Rien n’est parfait, mais si nous y croyions et ne tentions rien ou n’étions pas prêtes à prendre des risques, il n’y aurait pas de progrès non plus. Traduire une pièce épique en anglais en trois actes dans le genre de la tragédie grecque a été un énorme défi. La culture du peuple Nattilingmiut est essentiellement orale, et c’est à peine si nous disposions d’un système d’écriture adéquat, encore moins d’une tradition littéraire comme celles que le théâtre d’expression anglaise et française a établie depuis les Xe et XIIe siècles. 

Comment s’est déroulé le processus de création de la traduction?

Tamalik McGrath: Tout d’abord, quand Reneltta Arluk et Colleen Murphy m’ont demandé de travailler sur une traduction en vue d’en faire un livre, j’ai donné une vue d’ensemble de la pièce à Nilaulaaq verbalement, comme Colleen l’avait fait pour moi lorsqu’elle m’a présenté son travail et ses intentions concernant la pièce et chacun de ses actes. J’ai ensuite commencé à rédiger des sections et à les lire à Nilaulaaq par téléphone. Se contenter de lire les répliques des personnages n’aurait pas servi à grand-chose, aussi ai-je communiqué avec Colleen à maintes reprises pour connaître le contexte de chaque scène et savoir comment se comportait tel personnage à tel ou tel moment.

Avec ces informations en main, j’ai recommuniqué avec Nilaulaaq pour lui dépeindre la scène, le contexte et la situation. Comme Nilaulaaq est une maîtresse conteuse traditionnelle dans la langue nattilingmiutut, elle a commencé à raconter dans ses propres mots ce qui se passait. À partir de là, j’ai noté des mots et des phrases pendant qu’elle parlait, et je les ai utilisés dans les répliques de la pièce. Souvent, Nilaulaaq partageait des mots archaïques – des mots qui ne sont plus utilisés couramment, mais qu’elle avait soit entendus dans son enfance, soit recueillis au cours de ses nombreuses années de conversation avec les aînés de la région de Nattilik. Ces mots, phrases ou concepts sont intégrés dans les deux premiers actes.

Plutôt que de travailler avec le langage courant, le processus de traduction était un exercice visant à documenter et à utiliser les combinaisons colorées et complexes de consonnes propres au dialecte nattilingmiutut. Ce choix de traduction visait à préserver les formes anciennes. À l’époque, nous ne savions pas encore quels défis cela pouvait poser aux locuteurs d’autres dialectes, et nous n’avions aucun moyen de savoir que la pièce allait un jour être jouée en inuktut.

Travailler avec des membres de la troupe qui ne connaissaient pas le nattilingmiutut était une occasion d’enseigner le dialecte et la culture dont il est issu, et d’en faire connaître le sens profond. Quels sont vos espoirs en ce qui concerne l’avenir de l’enseignement du nattilingmiutut, et quelles mesures pensez-vous qu’il faille prendre pour atteindre ces objectifs?

Nilaulaaq Aglukkaq (traduite de l’inuktut) : Il est important pour moi que notre langue ait une continuité dans l’avenir. La langue est moins transmise, et lorsque les jeunes locuteurs sont confus, ils se découragent. Je veux que nos jeunes voient que d’autres locuteurs de dialectes différents peuvent s’efforcer de parler le nôtre. C’est normal de faire des erreurs. C’est de cette façon qu’on apprend.

Je suis si heureuse de voir que l’écriture syllabique de Nattilik est mise en valeur dans la production. Les interprètes apprennent énormément et, en travaillant avec le dialecte de manière lente et réfléchie, accomplissent des progrès. Je voulais que les formes riches et complexes de notre dialecte figurent dans le texte, et les membres de la distribution ont donc dû relever le défi d’apprendre rapidement. Nous avons travaillé très fort ensemble, et je suis vraiment fière de chacun·e de ces artistes. Il peut être difficile d’apprendre les répliques sans parler le dialecte, mais nous avons veillé à créer un contexte dans lequel les interprètes se sentent à l’aise de faire l’effort.

Pour atteindre l’objectif de préservation et de pérennisation du nattilingmiutut, il faut encourager les jeunes de nos communautés à maîtriser le dialecte. La pièce montre réellement des Inuits d’autres régions qui apprécient notre dialecte – cela inspirera sans doute les jeunes de Nattilik à prendre courage et à s’y essayer à leur tour.

Tamalik McGrath : Mon espoir et ma vision d’avenir sont que le travail futur soit enraciné directement dans les besoins de la collectivité. Cette production est destinée à une scène nationale et suscite un intérêt international. Elle est porteuse d’un message vital, universel par sa qualité et son actualité. Pourtant, des élèves du secondaire de Nattilk m’ont affirmé avoir ri et pleuré en lisant certains passages du livre. Ces élèves m’ont dit avoir ressenti un lien très fort avec ces personnages qui leur ressemblaient, même s’ils dataient des années 1500, et avec l’humour étonnant qui ponctue l’histoire et a rendu le livre si incroyablement vivant à leurs yeux. Mon travail sur cette pièce était entièrement destiné aux jeunes – pour susciter la joie de l’alphabétisation, pour voir un jour leur culture régionale jouée sur une grande scène, avec des détails que seuls les initiés apprécient, mais en transmettant fidèlement l’esprit de la région de Nattilik à un large public, et en les touchant également. Je tiens à préciser que depuis la publication du livre, nous sommes allées bien au-delà du syllabaire original grâce à de nouvelles données provenant d’autres sources.
Encourager et inspirer les jeunes est la première étape en vue de promouvoir l’enseignement du nattilingmiutut dans l’avenir, et le livre et la pièce y contribuent. Je pense que le théâtre communautaire peut soutenir la revitalisation de la langue orale nattilingmiutut tout en utilisant le système d’écriture et en favorisant l’alphabétisation dialectale. L’essentiel est que l’initiative vienne des jeunes. Nous sommes là pour soutenir leurs efforts et leurs intérêts. Ce sont les jeunes qui feront avancer la langue et la culture, et cette production a créé un espace, un dialogue et une ouverture pour inspirer leur démarche auprès des aîné·e·s et des gardien·ne·s de la langue.

La genèse de The Breathing Hole / Aglu ᐊᒡᓗ

La dramaturge canadienne Colleen Murphy a écrit The Breathing Hole / Aglu ᐊᒡᓗ​ pour examiner l’urgence climatique et ses effets historiques sur le peuple Nattilingmiutut qui vit dans la région de Gjoa Haven, au Nunavut.

En novembre 2016, Mme Murphy s’est jointe aux membres de la Qaggiavuut Society à Iqualiut, aux côtés de la metteuse en scène Reneltta Arluk et du conseiller dramaturgique Bob White, pour un atelier de deux jours consistant à explorer le texte de la pièce et ses représentations culturelles.

Elle se remémore le processus : « Les artistes inuits ont lu le premier acte de The Breathing Hole / Aglu ᐊᒡᓗ et formulé des commentaires. On a abondamment discuté de culture et d’exactitude culturelle. Les artistes inuits qui ont pris part à l’atelier de Qaggiavuut ont demandé que leur travail sur le texte soit qualifié de « dramaturgie culturelle inuite ».

Après sa production initiale au Festival de Stratford en 2017, The Breathing Hole / Aglu ᐊᒡᓗ a été développé avec la participation de la communauté pour honorer le peuple Nattilingmiutut, sa langue et son bagage culturel.

Pendant la révision du texte, Mme Murphy a fait appel à Janet Tamalik McGrath, qui parle couramment le nattilingmiutut et le traduit, pour la seconder sur tout ce qui concerne la langue et la traduction. Nilaulaaq Aglukkaq, gardienne de la langue et mentore de Mme Tamalik, a également été intégrée au projet en tant que directrice de la langue nattilingmiutut.

La metteuse en scène Reneltta Arluk sera de retour pour la production du CNA, qui a débuté par un atelier linguistique pour les interprètes. Comme les artistes qui participent à ce projet proviennent de collectivités de tout le Canada, du Danemark et du Groenland, l’accent a été mis sur l’écoute de l’aînée Nilaulaaq Aglukkaq et la reconnaissance des sons distinctifs du dialecte nattilingmiutut.

Pendant le développement de cette production, Reneltta Arluk (metteuse en scène), Nilaulaaq Aglukkaq (directrice linguistique), Carmen Braden (conceptrice sonore), Salik Gudmunsen Lennert (joueur de tambour), Attima et Elizabeth Hadlari (consultant·e·s en tambour) se sont réunies à Gjoa Haven, au Nunavut, pour un atelier de tambour. Dans cet atelier, les artistes ont appris à jouer la « chanson-thème de la pièce », que les auditoires entendront à l’Acte I. Les sons de l’environnement de Gjoa Haven ont également été enregistrés pour être utilisés dans la production.

En plus du travail sur le langage, cette production met en scène deux grandes marionnettes d’ours polaire et un bébé ours polaire conçus par Daniela Masellis. Randi Edmundson a modifié les grandes marionnettes d’ours polaire de la production originale de Stratford, et Stephanie Elgersma a construit une nouvelle marionnette de bébé ours polaire. Un atelier de marionnettes a eu lieu au CNA avant les répétitions, afin que l’acteur et marionnettiste Gisle Henriet puisse se familiariser avec l’animation de la marionnette du grand ours polaire.

Crédits

The Breathing Hole / Aglu ᐊᒡᓗ était à l’origine une commande et une production du Festival de Stratford (Ontario), Canada.
La pièce a été créée le 18 août 2017 au Studio Theatre, sous la houlette d’Antoni Cimolino, directeur artistique et d’Anita Gaffney, directrice générale.
Avec le soutien du Centre national des Arts, la pièce a été profondément remaniée pour cette production.

Remerciements particuliers à:

  • Aaron Gervais et Michael Petrasek
  • Nellie Umelik
  • Simon Martee et Rosly
  • Judy Haqpi
  • Cynthia Shaw
  • Crystal Spicer

Le Fonds national de création a investi 200 000 $ pour soutenir trois ateliers dans le cadre de la dernière phase de conception du projet : un atelier de langue nattlingmiutut, un dialecte Inuktut, avec Nilaulaaq Miriam Aglukkaq; un atelier de tambour traditionnel de la région de Nattilik, à Gjoa Haven, dirigé par Attima Hadlari; et un atelier de marionnettes en compagnie des membres de la compagnie Old Trout Puppet Workshop. Ces ateliers permettent de s’assurer que le processus de création respecte la culture, les traditions et les protocoles inuits.

Production du Centre national des Arts

Théâtre Babs Asper  

  • Chef machiniste 
    Charles Martin  
  • Chef accessoiriste 
    Michel Sanscartier  
  • Chef électrician 
    Eric Tessier  
  • Électricien adjoint 
    Martin Racette  
  • Chef du son 
    Doug Millar  
  • Vidéo  
    David Milliard  

Construction des décors  

  • Chef menuisier   
    Chad Desjardins  
  • Aide-menuisier   
    Pete Moorcraft  
  • Menuisiers  
    George Hack  
    Eric Neill  
    Alex Rossi  
  • Peintres  
    Danny McManus  
    Tillie Morgan  
  • Chef accessoiriste  
    Mike Caluori  
  • Collaboration aux accessoires  
    Kelly Macdonald  
    Natasha Habib  

Costumière  

  • Coordination des costumes  
    Andrée-Ève Archambault   
  • Couturière  
    Cathy Cochrane  
  • Fabrication du décor déroulant   
    Normand Thériault   

Les projectionnistes, les habilleuses, les chefs et les assistant·e·s sont membres de l’Alliance internationale des employés de scène, Local 471. 

Le Théâtre autochtone du CNA et le Théâtre anglais du CNA sont membres de l’Association professionnelle des théâtres canadiens et engage, en vertu de l’Accord sur le théâtre canadien, des artistes professionnels qui sont membres de la Canadian Actors’ Equity Association. 

Production du Festival de Stratford

The Breathing Hole / Aglu ᐊᒡᓗ est une commande du Festival de Stratford (sous la houlette d’Antoni Cimolino, directeur artistique et d’Anita Gaffney, directrice générale) dans le cadre du programme de développement de nouvelles pièces, Foerster Bernstein. 

La pièce a été jouée pour la première fois au Studio Theatre de Stratford, en Ontario, du 30 juillet au 6 octobre 2017. 

Les costumes de cette production ont été confectionnés par des artistes du Festival de Stratford, notamment : 

  • Coupeuse 
    Luci Pottle 
  • Maître couturière II 
    Mary-Lou Mason 
  • Couturière 
    Gina Schellenberg 
  • Maître couturière II 
    June Gunn   
  • Maître couturière II 
    Christine Yundt   
  • Modiste 
    Kaz Maxine         
  • Teinture et peinture 
    Linda Pinhay       
  • Bottes et chaussures 
    Connie Puetz      
  • Bijoux 
    Kathi Posliff        
  • Direction de la production 
    Simon Marsden 
  • Administration de production  
    Kinsey Powell 
  • Administration de production 
    Carla Fowler 
  • Supervision du studio, accessoires  
    Sandy Davis 
  • Direction de l’atelier des costumes  
    Michelle Barnier 
  • Chef accessoiriste 
    Dona Hrabluk 
  • Coordination de la conception 
    Mary-Jo Carter Dodd 
  • Supervision du studio, costumes  
    Jennie Wonnacott 

Théâtre autochtone du CNA

  • Directeur artistique
    Kevin Loring
  • Directrice administrative
    Lori Marchand
  • Productrice
    Samantha MacDonald
  • Productrice associée
    Sage Nokomis Wright
  • Résidente culturelle autochtone
    Mairi Brascoupé
  • Communications
    Ian Hobson
  • Marketing
    Jenna Spagnoli
  • Coordonnatrice d’éducation
    Kerry Corbiere
  • Directeur technique
    Spike Lyne
  • Assistante du directeur technique
    Taylor Blanchette
  • Agente supérieure du Marketing
    Bridget Mooney
  • Productrice associée #ReconcileThis
    Paula Chinkiwsky

Théâtre anglais du CNA

  • Managing Director
    David Abel
  • Artistic Director
    Nina Lee Aquino
  • Community Outreach Lead
    Rose-Ingrid Benjamin
  • Marketing Strategist
    Monica Bradford-Lea
  • Learning Coordinator
    Aimee Bouchard
  • ASL Interpreter Consultant
    Carmelle Cachero
  • Marketing Strategist
    Bar Clement
  • Communications Strategist
    Sean Fitzpatrick
  • Senior Producer
    Alexandra Lunney
  • Senior Marketing Manager
    Bridget Mooney
  • Associate Producer, Artistic Projects
    Judi Pearl
  • Company Manager
    Samira Rose
  • Administrative Coordinator
    Monika Seiler
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