Storgårds dirige Tchaïkovsky

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2022-10-05 20:00 2022-10-06 22:00 60 Canada/Eastern 🎟 CNA : Storgårds dirige Tchaïkovsky

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Événement en personne

L’Orchestre du CNA est ravi de vous présenter une soirée remplie de superbes airs contemporains et classiques, sous la baguette de notre bien-aimé premier chef invité, John Storgårds. D’une beauté envoûtante, la Symphonie no 5 est la preuve que Piotr Ilitch Tchaïkovsky est l’un des compositeurs les plus brillants de l’époque romantique. Étonnamment, l’accueil initial du public et des critiques a...

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Salle Southam ,1 rue Elgin,Ottawa,Canada
5 - 6 octobre 2022

≈ 2 heures · Avec entracte

PROGRAMME

Dernière mise à jour: 7 octobre 2022

J. HAYDN Concerto pour trompette en mi bémol majeur, Hob. VIIE:I
BETSY JOLAS Onze lieder pour trompette et orchestre
- - Entracte - - 
TCHAÏKOVSKY Symphonie no 5 en mi mineur, opus 64

Répertoire

Haydn

Concerto pour trompette en mi bémol majeur, Hob. VIIE:I

I. Allegro
II. Andante
III. Allegro

Le développement d’une tradition musicale est souvent inextricablement lié aux progrès techniques accomplis dans la fabrication des instruments. Inspirés par les nouveaux sons qu’on pouvait en tirer, les compositeurs ont créé des œuvres pour mettre en valeur ces instruments ainsi que les capacités des interprètes qui en jouaient. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, les notes de la trompette étaient limitées à celles de la série harmonique, ce qui signifiait que seuls les sauts pouvaient être joués dans le registre grave, les lignes mélodiques ne sonnant que dans le registre aigu où les notes étaient plus rapprochées. Dans les années 1790, Anton Weidinger, trompettiste de l’orchestre de la cour de Vienne et ami de Joseph Haydn, a imaginé une solution pour augmenter le nombre de notes de l’instrument. Il a inventé une trompette « à clés » (un prédécesseur de l’instrument à pistons d’aujourd’hui) dans laquelle des trous étaient pratiqués dans le tube, et les notes étaient produites en les ouvrant et en les fermant à l’aide de clés.

Haydn a écrit son Concerto pour trompette pour Weidinger et sa trompette à clés en 1796, mais l’œuvre n’a pas été jouée avant 1800 (peut-être Weidinger était-il encore en train de peaufiner la conception de l’instrument). Cette création était très attendue, le Wiener Zeitung rapportant que Weidinger voulait « présenter au monde pour la première fois [...] une trompette organisée qu’il a inventée et amenée – après sept ans d’un dur et coûteux labeur – à ce qu’il croit pouvoir appeler la perfection. L’instrument comporte plusieurs clés et sera présenté dans un concerto spécialement écrit pour lui par Monsieur Joseph Haydn. »

Dans ce concerto, Haydn explore la gamme expressive et la polyvalence de la nouvelle trompette, embrassant aussi bien des passages brillants et des fanfares éclatantes que des mélodies chaudes et chantantes, que vient compléter une écriture orchestrale aux riches sonorités. La capacité de l’instrument à jouer des notes chromatiques est notamment mise en évidence, dans le premier mouvement, par les phrases gracieusement sinueuses du deuxième thème (contrastant avec la simplicité du thème d’ouverture), et dans les moments de tension de la section centrale du développement. Dans l’Andante, les notes chromatiques enrichissent la mélodie ascendante de la trompette dans le bref développement, et ajoutent une touche poignante aux motifs graves entonnés à la fin du mouvement.

Le finale est un rondo énergique et plein d’esprit, caractéristique de Haydn. Pour la trompette, on y trouve non seulement des sauts virtuoses audacieux et de vives envolées, mais aussi des moments calmes qui nécessitent un jeu subtil et délicat. Soyez à l’affût des trilles, détails que le compositeur a conçus spécifiquement pour la trompette à clés. Vers la fin survient une section particulièrement dramatique, aux contrastes saisissants pour le soliste et l’orchestre. Après un silence plein de suspense, le thème revient une dernière fois, repris tout doucement par la trompette, d’où émerge la fanfare orchestrale finale.

BETSY JOLAS

Onze lieder for trumpet and orchestra

À 96 ans, la compositrice franco-américaine Betsy Jolas est une figure illustre et vénérée de la musique classique contemporaine. Sa longue carrière s’étend des deux côtés de l’Atlantique, ayant étudié et enseigné la composition aux États-Unis et en France (notamment au Conservatoire de Paris). Regroupant des opéras, des pièces orchestrales, de la musique de chambre, des œuvres solistes et chorales, son catalogue de compositions a été abondamment interprété sur la scène internationale par des ensembles et des artistes de renom, dont le soliste de ce soir, Håkan Hardenberger, avec qui elle a fréquemment collaboré.

Son art de la composition peut être décrit comme moderniste, s’appuyant sur un mélange éclectique de styles et de techniques musicales, tant historiques qu’actuelles. Dans un entretien accordé en 2016, elle affirmait : « Mes racines plongent dans toute l’histoire de la musique, pas seulement dans la musique de mon époque. C’est pour moi un privilège de pouvoir être en relation avec la grande musique du passé. » Dès son plus jeune âge, elle a été attirée par le chant – sa mère américaine chantait des lieder allemands et « connaissait aussi des chansons noires, créoles, irlandaises, écossaises. […] J’ai toujours lu avec grand plaisir Goethe, Heine, et j’ai été la première à analyser le lied au Conservatoire de Paris. » Il n’est donc pas étonnant qu’elle soit souvent revenue au chant, traduisant ses caractéristiques dans des pièces purement instrumentales comme l’œuvre au programme de ce soir, Onze lieder pour trompette et orchestre.

Betsy Jolas a composé les Onze lieder en 1977; l’œuvre a été créée par l’Ensemble Intercontemporain et le trompettiste Pierre Thibaud (qui a été l’un des professeurs de Håkan Hardenberger). Le programme de ce soir marque la première canadienne de l’œuvre. Les onze « chants » s’enchaînent sans discontinuer, avec seulement de brèves pauses pour les délimiter. Avec une remarquable économie de moyens, chacun possède un caractère distinctif, tour à tour onirique, tendre, caustique, ludique, nostalgique, mystérieux. Des éléments jazzy apparaissent parfois dans la partie solo, un clin d’œil au trompettiste Miles Davis, dont le jeu, affirme la compositrice, a eu une influence majeure sur la pièce. Pour compléter les lignes expressives de la trompette, l’orchestre apporte de subtiles couches de couleurs, créant des juxtapositions sonores étonnantes.

Tchaïkovsky

Symphonie no 5 en mi mineur, opus 64

I. Andante – Allegro con anima
II. Andante cantabile, con alcuna licenza
III. Valse. Allegro moderato
Iv. Finale : Andante maestoso – Allegro vivace

Tchaïkovsky a commencé à composer sa cinquième symphonie en mai 1888, terminant les premières esquisses un mois plus tard. L’œuvre a été achevée à temps pour sa création à Saint-Pétersbourg, le 17 novembre de la même année, sous la baguette du compositeur. L’accueil de la critique fut plutôt tiède, les critiques négatives s’incrustant dans la tête du compositeur, malgré les réactions positives du public. En proie à l’anxiété et au doute quant à ses capacités créatives, Tchaïkovski changea plusieurs fois d’avis au sujet de cette symphonie dans les mois qui suivirent. « Après chaque exécution, j’en viens à la même conclusion, à savoir que cette symphonie est un échec », écrivit-il tout d’abord à sa bienfaitrice, Nadezhda von Meck. « En fin de compte, elle m’apparaît trop confuse, trop compacte, manquant de sincérité, trop longue, pas assez attrayante dans l’ensemble. » Néanmoins, il avait apparemment changé d’avis, en mars 1889, à la suite d’une présentation triomphale de la pièce à Hambourg. Ainsi qu’il l’écrivit à son frère Modest, « le plus beau, c’est que j’ai cessé de détester la symphonie. Je l’aime à nouveau. »

Tchaïkovsky avait affirmé à Konstantin Romanov que sa nouvelle symphonie n’avait pas de programme. Pourtant, un mois seulement avant de commencer à composer, il avait esquissé des idées et des thèmes pour un programme :

Introduction : Soumission totale devant le destin ou, ce qui revient au même, devant la prédestination inéluctable de la Providence
Allegro : I. Murmures, doutes, plaintes, reproches à…XXX [il pourrait s’agir d’une allusion voilée à ses penchants homosexuels]
2. Ne vaut-il pas mieux se jeter à corps perdu dans la foi???
Le programme est excellent, pourvu que j’arrive à le réaliser
[Pour le mouvement lent] Un rayon de lumière... Non, il n’y a pas d’espoir.

Dans quelle mesure ces propos peuvent-ils être appliqués hors de tout doute à sa Cinquième symphonie? Cela reste sujet à débat; ce qui est sûr, en revanche, c’est que l’œuvre suit un arc émotionnel clairement défini, qui semble s’inspirer des pensées les plus intimes du compositeur, très probablement de ces idées. (Par exemple, les entrées de son journal intime dans les mois précédant la rédaction du programme révèlent que Tchaïkovski était très affecté par la mort d’Eduard Zak, son ancien élève et ami qui s’était suicidé à l’âge de dix-neuf ans, et avec qui il entretenait une relation profonde et vraisemblablement complexe.)

Un élément clé de la trame narrative est le thème d’ouverture de la symphonie, qui devient un « motif conducteur » se métamorphosant tout au long de l’œuvre. (Selon le point de vue, on croit qu’il représente la « Providence », avec son rythme basé sur l’hymne de la Pâque orthodoxe « Le Christ est ressuscité! », ou encore qu’il cite un air de l’opéra Une vie pour le tsar de Mikhaïl Glinka, « Ne vous tournez pas vers le chagrin ».) Dans le premier mouvement, le motif, d’abord entonné par deux clarinettes, a un caractère chantant et solennel sur le mode mineur. Il se fait plus menaçant dans le bouillant deuxième mouvement, éclatant avec des accents funestes dans les trompettes au milieu et vers la fin. Dans les derniers moments de la valse, le motif fait une apparition discrète, joué par les clarinettes basses et les bassons. Il ouvre ensuite le finale, complètement transformé. Maintenant en mode majeur, il apparaît sous un aspect grandiose et majestueux, et après un long passage vigoureux et tumultueux, il fait un dernier retour triomphal dans la coda.

Le deuxième mouvement est le point culminant de l’œuvre sur le plan émotionnel; ses deux thèmes, le premier joué par le cor solo, le second introduit par le hautbois et le cor en duo, commencent tous deux dans un climat tendre et méditatif, pour ensuite atteindre des sommets déchirants. (Tchaïkovsky avait apparemment écrit au-dessus du solo de cor « Ô comme je t’aime! Ô mon amie! [ou plus probablement ‘ami’] Ô que j’aime... si tu m’aimes... avec désir et passion. ») C’est au cours de la seconde, plus grande apogée du second thème, que le motif s’interrompt. L’intégration triomphale du motif au cœur de cette musique ravissante peut sembler quelque peu forcée – c’est peut-être la raison pour laquelle Tchaïkovski n’était pas sûr de sa sincérité, comme s’il se débattait avec la question « Ne vaut-il pas mieux se jeter à corps perdu dans la foi??? » Mais en fin de compte, quelque chose dans la musique de cette symphonie tend vers l’espoir de vivre la vie passionnément et pleinement, à chaque instant, malgré l’inévitabilité du chagrin, de la mort et du deuil.

Notes de programme par Hannah Chan-Hartley (traduit de l’anglais)

L'orchestra du CNA

Premiers violons
Yosuke Kawasaki (violon solo)
Jessica Linnebach (violon solo associée)
Noémi Racine Gaudreault (assistante violon solo)
Marjolaine Lambert
Jeremy Mastrangelo
Manuela Milani
Emily Westell
*Zhengdong Liang
*Erica Miller
*Martine Dubé
*Renée London
*Oleg Chelpanov

Seconds violons
Mintje van Lier (solo)
Winston Webber (assistant solo)
Leah Roseman
Frédéric Moisan
**Carissa Klopoushak
Mark Friedman
Karoly Sziladi
**Edvard Skerjanc
*Andréa Armijo Fortin
*Sara Mastrangelo
*Sarah Williams

Altos
Jethro Marks (solo)
David Goldblatt (assistant solo)
David Marks (solo associé)
David Thies-Thompson
Paul Casey
*Sonya Probst
*Kelvin Enns
*Wilma Hos

Violoncelles
Rachel Mercer (solo)
Julia MacLaine (assistante solo)
Marc-André Riberdy
**Timothy McCoy
Leah Wyber
*Karen Kang
*Desiree Abbey
*Daniel Parker

Contrebasses
*Joel Quarrington (solo invité)
**Hilda Cowie
Max Cardilli
Vincent Gendron
Marjolaine Fournier
*Travis Harrison

Flûtes
Joanna G'froerer (solo)
Stephanie Morin
*Kaili Maimets

Hautbois
Charles Hamann (solo)
Anna Petersen

Cor Anglais
Anna Petersen

Clarinettes
Kimball Sykes (solo)
Sean Rice
*Shauna Barker

Bassons
Darren Hicks (solo)
Vincent Parizeau

Cors
Lawrence Vine (solo)
Julie Fauteux (solo associée)
Elizabeth Simpson
Lauren Anker
Louis-Pierre Bergeron
*Olivier Brisson

Trompettes
Karen Donnelly solo)
Steven van Gulik
*Michael Fedyshyn

Trombones
**Donald Renshaw (solo)
**Colin Traquair
*Charles Benaroya (solo invité)
*Hillary Simms

Bass Trombone
*Zachary Bond

Tubas
Chris Lee (solo)

Timbales
*Alexander Cohen (solo invité)

Percussion
Jonathan Wade
*Andrew Harris
*Robert Slapcoff

Harpe
*Angela Schwarzkopf

Piano
* Frederic Lacroix

Musicothécaire principale
Nancy Elbeck

Musicothécaire adjoint
Corey Rempel

Chef du personnel
Meiko Lydall

Chef adjointe du personnel
Laurie Shannon

*Additional musicians/Musiciens surnuméraires
​**On Leave/En congé

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