Événements et spectacles en direct au CNA – mise à jour du 22 octobre 2021.
 | Michael Slobodian
Chorégraphe-scénographe

Jean-Pierre Perreault

Montréal · Québec · Canada

L’être humain est sensible à deux choses : aux autres ainsi qu’à l’espace qu’il habite et qui le contient. Jean-Pierre Perreault

Fils d’Irénée Perreault et de Simone Larreault, Jean-Pierre Perreault naît à Montréal le 16 février 1947. Après ses études secondaires, il suit quelques cours à l’École des arts appliqués et à l’École des métiers commerciaux.

C’est sa rencontre avec Jeanne Renaud, alors que celle-ci s’apprête à fonder le Groupe de la Place Royale, qui conduit Jean-Pierre Perreault à la danse. Aussitôt, les événements s’enchaînent : il reçoit sa formation à l’École du Groupe et y danse à partir de 1967. Il a alors 20 ans. En 1971, il devient codirecteur artistique de la compagnie avec Peter Boneham et y amorce une carrière de chorégraphe qui s’avérera vite des plus prolifiques.

Entre 1969 et 1983, il effectue des voyages d’études en Europe, en Asie et en Afrique, séjours durant lesquels il s’intéresse tout particulièrement à l’architecture, à la danse traditionnelle, aux arts sacrés ainsi qu’à l’influence du costume et de l’organisation sociale sur le vocabulaire de la danse. Loin de se limiter au seul univers de la danse, son apprentissage se fait auprès des artistes qui gravitent à l’époque autour du Groupe de la Place Royale : Marcelle Ferron, Fernand Leduc, Françoise Sullivan, Gilles Tremblay et Serge Garant.

Cet entourage privilégié est à l’origine de son approche globale de la création unissant intrinsèquement chorégraphie, scénographie, éclairages, musique et costumes. Tous ces éléments participent d’un même acte créateur aux yeux du chorégraphe-scénographe. Entre 1972 et 1981, les nombreuses œuvres qu’il crée au Groupe de la Place Royale témoignent de cette approche globale et marquent le début d’une signature chorégraphique authentique et particulière qui se développera au cours des années suivantes.

En 1981, Jean-Pierre Perreault choisit de poursuivre une carrière indépendante. Il travaille comme artiste en résidence à l’Université Simon Fraser de Vancouver et au Laban Center de Londres avant d’élire définitivement domicile à Montréal. De 1984 à 1992, il enseigne au département de danse de l’Université du Québec à Montréal. En 1984, il fonde sa propre compagnie : la Fondation Jean-Pierre Perreault, au sein de laquelle il crée plusieurs œuvres d’envergure pour des théâtres traditionnels, notamment Joe, Stella, Nuit, Les Lieux-dits, Orénoque, Îles, Adieux, La Vita, Eironos, Les Années de Pèlerinage et L’Exil-L’Oubli.

Intéressé par la relation de l’homme aux grands espaces et par la notion variable du temps, Perreault crée quelques œuvres in situ, entre autres Les Dames aux Vaches, The Highway ’86 Event et Piazza. Il crée aussi trois installations chorégraphiques marquantes et inoubliables qui bouleversent le rapport entre le spectateur et la représentation en une expérience de grande intimité. Chaque spectateur sera isolé des autres et prendra place immédiatement en bordure de l’espace de danse. Ces installations de durée variables (trois ou quatre heures), Installation chorégraphique I : L’instinct, Les Éphémères 1997 et Les ombres sont des œuvres novatrices et très appréciées des critiques et du public montréalais.

Outre les œuvres créées pour sa propre compagnie, Jean-Pierre Perreault a chorégraphié des œuvres de commande. En 1991, par exemple, le Cullbergbaletten de Suède l’invite à créer une œuvre pour l’inauguration de la Maison de la danse de Stockholm. Flykt est saluée comme « une œuvre forte et périlleuse » (Dagens Nyheter, 1991). Jean-Pierre Perreault a aussi chorégraphié des œuvres pour Montréal Danse, Paul-André Fortier, la compagnie Chrissie Parrot (Perth), Daniel Soulières, Monique Giard, Marc Boivin et Mark Shaub, entre autres. En 2001, James Kudelka, directeur artistique du Ballet national du Canada, lui commande une pièce pour sa compagnie, The Comforts of Solitude, dernière œuvre majeure de ce grand créateur.

Tout au long de sa carrière, Jean-Pierre Perreault a abordé le processus chorégraphique par le biais du dessin et de la peinture. Ayant accumulé un nombre impressionnant de travaux, il a été invité à exposer ses dessins en solo à New York, Anvers, Québec, Montréal, Glasgow et Stockholm. La plupart de ses œuvres visuelles ainsi que ses carnets de dessin sont maintenant préservés par Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

En 1993, la Fondation Jean-Pierre Perreault fait l’acquisition d’une ancienne église à l’angle des rues Sherbrooke et de Lorimier à Montréal, afin d’y installer ses studios en permanence. La rénovation de ce bâtiment, chapeautée par l’architecte Pierre Thibault et Jean-Pierre Perreault, est terminée en 2001. Depuis janvier 2008, l’Édifice Jean-Pierre-Perreault est administré par Circuit-Est, Centre chorégraphique et est au service de l’ensemble de la communauté de la danse québécoise. Cet espace vital à la création témoigne à la fois de la vision de son fondateur et de l’effervescence de la danse québécoise à laquelle Jean-Pierre Perreault a largement contribué.

En 1990, Jean-Pierre Perreault reçoit le prix « Chalmers Award for Creativity and Excellence in the Arts ». Il reçoit le Grand Prix du Conseil des arts de la communauté urbaine de Montréal en 1991 et en 1993. Le prix « Jean A. Chalmers » d’excellence en chorégraphie lui est décerné en 1996.

En 2000, le Grand Prix du Conseil des arts de la communauté urbaine de Montréal est attribué à Jean-Pierre Perreault pour son œuvre L’Exil-L’Oubli.

Lors d’une cérémonie officielle au Centre national des Arts à Ottawa au début du mois de novembre 2002, Jean-Pierre Perreault, très affecté par un cancer, reçoit le Prix du Gouverneur général pour les arts de la scène. Il décède quelques semaines plus tard, le 4 décembre 2002.

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